Samedi 12 décembre 2009
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Samedi 28 novembre, Antigua, Guatemala.
La France, en les personnes de Mme l'Ambassadeur de France et M. le Consul de France, organise une réception au Porta Hotel Antigua, parmi les plus anciens - donc
plus chers - édifices hôtelier de la cité. Le thème évoqué est une rencontre-débat : "Présentation des activités de l'ambassade, questions consulaires et évocation des difficultés rencontrées par
les français au Guatemala".
La veille :
Heureux bénéficiaire d'un week-end de trois jours, je décide de partir le vendredi afin de passer une soirée sympathique, susceptible de se
distinguer des soirées passées*. Accessoirement, je me dois de calculer le prix potentiel d'un WE complet sur place, cours de salsa et d'espagnols compris. Je prend un chicken-bus. Puis un autre.
Et un troisième. Trois heures plus tard, me voilà sur place. Il est 18h. Il fait déjà nuit. Je cherche un lieu ou la passer. Je trouve "El Pasaje", un hôtel "conseillé" par
une "amie". Trois euros la nuit, dans le coin le plus touristique du pays. Deux mètres carrés comprenant un lit, une petite table collée à ce dernier dans les 60cm le
séparant du mur. Quatre murs et un toit. Propreté approximative. Fermeture à 1h15. Calme. Je m'installe et sors une heure plus tard pour explorer la ville. Pas de cours de salsa. Un peut trop tôt
sans doute. J'en profite pour chercher un "restaurante frances" non loin duquel se trouve des clubs abritant potentiellement des "cours de salsa". Vers 20h20, je finis par
le trouver, dans la première rue que j'avais visité, un peu mois de 10m après l'embranchement où j'avais bifurqué. La ville ne semble pas morte, mais durant cette heure et demie, est restée peut
active. Je m'installe, discute avec la patronne puis un couple qui me renseigne : Il devrait y avoir un cours qui commencera vers 20h30 - soit il y a un quart d'heure. Je prend un repas de
qualité française à prix français et (me) promet de revenir. Je sors à 21h30, me promène une heure puis me couche.
Samedi :
Départ à 8h pour un petit déjeuner en ville et en route vers la réception. Je retrouve sur la route trois autre "professeurs" du "lycée". Nous entrons. Nous sommes les
premiers - au personnel administratif près. Qui a dit que les fonctionnaires ne foutaient rien ? On nous offre le café et des petits gâteaux dans la cour - d'époque - de l'hôtel. Une grosse
demi-heure plus tard, des investisseurs et entrepreneurs privés, ainsi qu'une quinzaine d'autre membres du lycée sont enfin arrivés. Cela porte la proportion de lycéen aux environs de 50%. Un
fonctionnaire est toujours près à se déplacer lorsqu'on lui offre du café et des petits gâteaux. Nous pouvons commencer.
Nous prenons place dans une vaste salle de réception. Toutes les places sont remplies. Mme l'Ambassadeur se réjouit de notre présence et du fait que la salle soit pleine. Nous apprenons que, si
nous ne sommes que 40 aujourd'hui, la "communauté française au Guatemala" représente 800 individus référencés plus une large majorité d'anonymes. Auxquels ils faut rajouter dans les
80000 touristes annuels. Une "communauté" "importante au vu de la taille du pays"... Nous entrons enfin dans le vif du sujet.
Mme l'Ambassadeur commence par les activités de ses services. En substance :
Les ambassades, comme tous les organismes publiques, se doivent de s'adapter à un monde en constante évolution et de se transformer afin de suivre les évolutions imposées par les mouvements
naturels de nos sociétés. Elles doivent être plus "compétitives". Eh oui, une ambassades aussi doit rapporter de l'argent. Pour se faire, la meilleure solution est de serré les
budgets et de réduire les effectifs. Le Guatemala n'a pas une thunes donc ne peut rien nous acheter. On reste là pour faire joli et parce qu'il y a quand même pleins de milliardaires et de
narco-trafiquants qui mettent leurs enfants dans nos lycées pour qu'ils viennent ensuite travailler en / avec la France. Mais il ne faut pas trop en demander non plus.
MAIS (car il y a un MAIS, majuscule et tout), la France, par le ministère des affaires étrangères, a malgré tout tenu à conserver des ambassades dans TOUS les pays d'Amérique centrale ! Altruiste
qu'elle est.
Par ailleurs, l'ambassade emploie, non pas une, non pas deux mais trente personnes en tout. Ce qui est plus que les britanniques et BIEN plus que les... Suédois ! Cocorico !
L'ambassade de France est divisée en plusieurs services. Un économique bien sûr, mais aussi un culturel et un service de sécurité. Le service de sécurité emploie pas mois de trois gendarmes. Le
service culturel quand à lui fait mieux, avec ... Deux employés !! (Attention, ne soyons pas mauvaise langue : J'ai découvert aussi qu'il y avait jusqu'à fin décembre une stagiaire non comptée -
et pour cause vu "l'indemnité financière" qu'elle touche.)
Dans un souci d'efficacité, le ministère a eu l'excellente idée de "régionaliser" les ambassades. Ainsi, en Amérique centrale, toutes sont conservées. Mais - là encore - la
direction du service sécurité n'est qu'à Managua (Nicaragua) et celle du service culturel au Costa-Rica je crois. De notre côté, et en signe autant de l'importance que nous attachons au pays que
de sa prospérité, nous gagnons la direction du service économique !
L'ambassade est aussi en charge de la culture et du rayonnement. Nous avons ainsi, au Guatemala, non seulement un Lycée flambant neuf mais aussi trois alliances françaises et un centre
archéologique ! Nous y reviendrons. Il s'occupe également de "la communication" de l'ambassade, dans les médias. Enfin, ils ont récemment et avec l'aide de la section consulaire
entièrement refondu et mis jour le site afin que nous puissions nous tenir au courant, dans l'ordre, des réformes, des discours présidentiels, des gros dossiers du moment... J'ai découvert,
hier, encore, qu'ils aidaient également certaines ONG humanitaire. Mais ce ne fut pas mentionné à ce moment. Lorsque l'on jette l'argent du contribuable par les fenêtres, on ne le dit pas. Elle
est belle la France !
Elle a mis en place une base de donnée des "mails personnels" de chaque ressortissants et envoie de "nombreux" - une dizaine par an - mails collectifs sur tous les sujets jugés
importants. Par exemple, les réceptions publiques, la grippe et la campagne de vaccination associée, ...
L'ambassade s'oriente autour de cinq actions :
- Protection et assistance aux français.
- Soutien et aide à la démocratie, à l'état de droit et aux droits de l'homme
- Protection des intérêts économiques français (présence encore trop peu importante)
- Promotion de la culture et de la langue
Je ne sais pas si mes notes sont incomplètes où si elle s'est arrêtée là.
Parmi les actions associées au second point, l'on trouve un soutien à la SISIC (organisme sous tutelle de l'ONU qui lutte contre l'impunité - le Guatemala atteignant le taux scandaleux de 98%, là
où la France par exemple, est beaucoup plus restrictive et ne rechigne pas à condamner un président sortant et ancien rival de l'actuel, pour peu que leur côtes de popularités soient du même
ordre), ou une coopération avec la police locale (formation aux techniques françaises par nos services).
Ce second point aurait pu faire sourire. Mais la France ne pouvait s'en passer. En effet, les Ambassades françaises se doivent d'être des "maisons des droits de l'homme", "sans se poser en
donneur de leçon car ... euh ...Tout n'est pas parfait en France". Oui, même une ambassadrice à parfois du mal à garder sa parfaite prestance lorsque l'on aborde des sujets trop
sensibles.
Ainsi, la France organise des séminaires sur les droits de l'homme, chaque année sur un thème particulier. 2009 aura été la violence contre les femmes, avec 700 meurtres cette année. La France
lutte aussi pour les droits de l'enfance.
Enfin, la France a proposé de réfléchir à la modernisation des transports en communs de la capitale. En effet, extrêmement mal déservie, il m'arrive d'attendre parfois plus de 40 seconds pour
prendre un bus m'amenant d'un noeud de trafic au centre ville, et parfois presque dix minutes les bus extra-urbains pour le lycée ... A 20km de Guate Cuidad. C'est une entreprise française qui
devait être choisie pour cette étude, financée par Paris.
*cf la série des "Guate by night dont la suite arrivera un jour, peut-être