Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 03:54
Vous aurez constaté dans le billet précédent un style direct épuré. Ceux de mes lecteurs que le sujet-verbe-complément effraierait presque sont enfin rassasiés...

*Ecrase son mégot.*
*Enfile ses ray ban.*
 
*Grimpe sur sa moto.*
Rock my roll, babe !


Reprenons.
"The Don", moi, accompagnais "Nataly from Miami" (prononcer "Nateulaille fraume Mayeumaille") dans ses pérégrination familiales, la tirant ainsi d'un aussi profond que certain ennui. Nous sortions d'un petit déjeuner tardif et, gavés de pancakes et de salade de fruits, nous nous mettions en route vers "C'est tout lol". Et on en était à peu près là.

Grâce à un charmant petit train de carnaval, nous traversons la route et arrivons sur le parking du parc. Où nous entrons. Je n'en crois pas mes yeux.
Face à moi se dresse, au bout d'une allée qui pourrait faire croire que l'architecte voulait reproduire les Champs Elysée sans n'y avoir jamais été, une reproduction de la pyramide de Grand Jaguar, échelle 1/2 et encore, rouge. Rouge.
A ma droite, une église toute aussi fausse que la pyramide. A ma gauche, le "musée de l'indépendance. Au dessus, une gare.
Nous commençons par le musée. Une dizaine de drapeau successif, ordre chronologique. "L'original" de la constitution. Pas mal reproduit il est vrai, s'il s'agissait bien d'un faux. La scène de signature, par de somptueuse poupées de cires pédophiles. J'ai des photos. Ensuite, la gare. Un train tout aussi kitch que le reste nous emmène vers "la gare de France", prochain arrêt. Nous faisons ainsi le tour des locaux et découvrons en exclusivité une bonne part des attraction. Et un bout de plantation de café qui trainait par là ... Plus quelques coins de forêts. On est au Guatemala, bordel à ... ! Enfin, nous allons à l'église ! 
Il s'agit d'une parfaite reproduction parait-il d'une église foutrement célèbre du pays. Impossible d'en connaitre la localisation. Nous entrons. Et là ...
Là ...

Un magasin de souvenir dernier cris, fournissant des t-shirt "I love Paris", "Italy mi amor" et autres tampax. Entre pseudos souvenirs locaux.
Mais ne nous étonnons pas trop. La seule réelle tâche au tableau vient des serviettes. En effet : Nous sommes, il faut le savoir, dans un centre de loisir destiné aux travailleurs guatémaltèques. Travailleurs privés bien sûr. Ceux qui ont un vrai boulot. Les fonctionnaires, eux, se contentent de parcs différents, symboles généraux de la médiocrité. Et ce sont des guatémaltèques qui le disent. Les travailleurs privés donc, tout ce qui est costume traditionnel, flutes peinturlurées et jolis bols en bois, il maitrise. Disons-le, il gère tellement que ça ne lui fait plus le moindre effet. Au contraire, ça lui rappelle à quel point son pays est sous-développé par rapport aux States, fantasme ultime, et leur gros disneyland. Ils compensent. Et leurs souvenirs sont donc adaptés (et plus moches encore que les t-shirt à propension hautement chauvine dont les touristes bridés sont friands). Pour le principe ou par manque de moyens, ils ont par ailleurs, bien sûr et cependant, quelques bibelots d'origine "locale". Des flûtes peinturlurées, des costumes traditionnels (notamment le chapeau de cow-boy), ...
Nous sortons enfin.

L'oncle découvre au détoure d'une place centrale un kiosque proposant de prendre des photos des groupes. N'ayant que deux appareils photos, largement usités, à sa disposition, il ne tient plus. Il craque. Nous nous retrouvons à nous faire mitrailler moyennant finance par une professionnelle du tourisme. Durant les âpres négociations qui précédèrent, j'en profitai en revanche pour faire la rencontre de .... Byron ! Mais siiii, BYRON !  (Je vois les yeux de ces demoiselles s'illuminer...)
Byron ! Le prof d'espagnol guatémaltèque MAIS athée de Xela ! Qui sortait tranquillement sa copine, aussi ne l'ai-je pas plus déranger.
Enfin, au détour d'une photo, Nataly parvint à excuser un départ en promenade romantique. Nous quittons la famille et partons visiter le parc. Après nous être fait agressé par un pirate, avoir maté des clowns, avoir pris un hotdog, visité les diverses zones, recontré un couple d'ami de Nat, deux manèges et fait un tour aux chiottes, nous rappelons la famille pour se donner rendez-vous au grand spectacle de magie, au "théâtre de France". Ils n'ont pas bougé de la place initiale. Mais rendez-vous est pris.
Le spectacle est plutôt bien fait.
Nous concluons par un grand huit et un splach avant de quitter le parc. Nataly est toute mouillée. Moi aussi.
Nous avons faim.
Heureusement, nous devons aussi nous mettre en route vers la ferme familiale... Nous échappons au mexicain, pour un guatémaltèque, sur la route. Plutôt bon.
Enfin, nous arrivons. Nous retrouvons le père. Et après quelques luttes pour la forme, nous allons nous coucher. Seul, bien sûr. Dans une chambre dont une fenêtre est cassée. Dans une ferme sans vitre. Je ne dors pas beaucoup plus que la nuit précédente.

Lendemain : Visite de la propriété : Troupeau de vache que l'on trait devant nous - et un pitit agneau de 8 jours. Plantation de maïs avec la moissonneuse-batteuse associée. C'est pour le bétail : Pas de détail.
On fait le tour des copains de l'oncle et des cocotiers de sa propre propriété. En fait, une noix de coco naturelle, ça ne ressemble pas du tout à celles du commerce. Elles sont déjà bien épluchées, les bougresses.
Nous finissons le tour par le village voisin, ou le frère du père est maire. Nous y restons une heure. Il m'offre une casquette, celle de sa campagne électorale.

Vers 14h, je parviens enfin à m'enfuir. C'est que j'ai rendez-vous au lac Atitlan, moi ... 
Par Don Chepe - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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