Mardi 23 février 2010 2 23 /02 /Fév /2010 03:21

 

Reportage de notre envoyé spécial à Xetulul.
Samedi 13 février.
 10h :
Don à rendez-vous Nataly from Miami. Il est en retard : Son propriétaire à une demi-heure dans la livraison du bouquet de fleur destiné à la famille. Il prend en urgence une camioneta, chargé d'un lourd sac de randonnée plein à craquer de tenues de rechanges, de chaussure de marche, de trousse de toilette, d'un dictionnaire de poche, d'un téléphone portable, de clés, d'un porte-feuilles avec 500 quetzals et une photocopie de son passeport, de copies à corriger, d'un ordinateur portable, d'une clé wifi, d'un maillot de bain,  
10h15 :
Don arrive à l'Obelisco et descend de son bus rouge. Il file vers le Burger King d'où il prendra un bus urbain qui l'ammènera au Trebol. Il appelle pour qu'il est en retard. Il n'a plus de crédit. Il marche dans une flaque de ciment. Ses chaussures en sont pleines. Il se précipite vers le premier seau d'eau qui traine et lave abondamment ces dernières. Elles sont en cuir. Elles souffrent. Son pantalon noir, tout beau tout propre tout repassé, ne l'est plus.

10h20 :
Don prend le bus rouge de la Ciudad.

10h35 : 
Nataly l'appelle. Il n'entend rien. Il parvient à lui faire comprendre qu'il est en retard mais qu'il ne faut SURTOUT PAS qu'ils se retrouvent à l'Obelisco. Fallait appeler vingt minutes avant, tu m'aurais sauvé mes pompes et mon fute.

10h50 :
Don est au Trebol depuis plus d'une demi-heure, Natalya dut lui passer deux fois devant. Dans le brouhaha, ils sont parvenus à se donner rendez-vous dans une station service proche. 

11h :
Ils comprennent qu'il y a DEUX station Texaco dans les environs. Ils finissent par se mettre d'accord sur celle qu'ils rejoignent.

11h10 :
Ils se retrouvent enfin. Avec plus d'une heure de retard, ils se mettent en route.
Première étape : La maison de Nataly pour prendre une "commande". Et en profiter pour se laver et tenter de faire disparaitre les traces de ciment. Succès partiel.
Ils filent ensuite vers la côte non sans passer par divers centre commerciaux, à la recherche de quelques bouts de repas, de la belle-soeur de Nataly pour délivrer la commande chez son "coiffeur" habituel, de gâteaux pour l'anniversaire de la mère ("au fait, c'est l'anniversaire de ma mère ce soir."), ...
Don découvre qu'il n'a rien compris. Pas de plage de sable fin et de Salvador, mais un parc et une ferme.

Ils avalent l'asphalte durant plus de quatre heure et arrivent enfin aux hôtels de l'IRTRA (organisme qui offre des parcs de loisirs à bas prix à tous les honnêtes travailleurs privés du pays - les salariés de l'état en ont d'autre pour eux, moins biens). Hôtels paradisiaques entre les parcs de palmiers. Divers types de décoration, chambres ou bungalows. Ici, plus c'est kitch, plus ça plait. 
De multiples restos, deux piscines, tennis, bowling, squash, badminton, tennis de table,  spa, saunas, palmiers divers, paon royal et perroquets.
Les deux parcs d'attractions viennent de fermer. Don ne pourra pas visiter le parc aquatique !
Ils vont se sustenter dans un restaurant mexicain, le seul qui serve à 16h de l'après-midi. Au déssert, ils sont rejoint par la famille qui vient, elle, déjeuner. Don fait la connaissance de l'oncle, de la tante et de la grand tante et retrouve la mère, la fameuse, de Nataly.
Ils se séparent lors du café pour enfin aller visiter pleinement le lieu et trouver enfin un gâteau pour le dîner. Ils retournent au bungalow en soirée pour accueillir le père.
Esquivant discrètement l'inévitable confrontation, Don part se réfugier dans la piscine. Au bout de dix allers-retours, il s'en revient. Présentation fête, Nataly insiste pour malgré tout aller se baigner. Il est 20h30, la nuit est tombée depuis longtemps. Aux environs de 22h30, ils rejoignent la famille pour le dîner. Celle-ci l'a déjà bien avancé. D'ailleurs le resto a fini son service.
Ils vont manger dans un restaurant mexicain, le seul qui serve encore à cette heure, puis se retrouve dans un bar où ils boivent et dansent sur des rythmes beaufs.
Ils rentrent aussi vite que possible et mangent le gâteau. Don tente de discuter un peu et de suivre les autre. Pour détendre l'atmosphère, il raconte son voyage aller et les mésaventure de ses chaussures. "Aaah, c'est pour ça qu'il est tout crade ?" - la mère.
Don dort sur le canapé. Du moins essaie. Les oiseaux chantent toute la nuit. Ils ne connaissent pas plus l'isolation sonore que thermique. 

Dimanche 14 février.
Le lendemain, laissant la famille se réveiller, Nataly et Don font le tour du parc de jour et terminent par une partie de tennis. Au bout de 2h, ils rejoignent les autre pour petit déjeuner. Ils ont bien avancés leur repas.
D&N finissent dans un resto mexicain, le seul qui serve encore ... 
Don découvrent que la saint Valentin espagnole est la fête des amis, au sens large. 

Ils rentrent pour vider l'appartement, avant de partir en expédition à Xetulul (prononcer "c'est tout lol" ou presque), parc d'attraction voisin, en petit train.
Mais ceci est une autre histoire ... 

Par Don Chepe - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /Déc /2009 01:43
Petit billet rapide.

Derniers cours de l'année avant les vacances de noël.
Hier, celui des première. Aujourd'hui les sixièmes.
Ils m'ont offert trois boites de chocolats plus des pitits bonbons ! :')
Un pitit cinquième m'a attrapé dans les couloirs pour m'offrir une fourmiller en bois.

C'est trop mimiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii  \o/
J'aime ce métier.



(Bon, maintenant, je suis obligé de ramener trois boites de chocolats français au moins ... Ils m'ont piégés.) 
Par Don Chepe - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /Déc /2009 19:53

 

...
Dans le précédent billet, nous avons pu découvrir les actions majeures de nos représentants ministériels. La suite du discours fut consacrée à nos autres administrations. 

"Les Alliances Françaises tout d'abord, qui font du très bon travail malgré des moyens humains et financiers réduits. Ce que l'on attribue sans hésitation aux merveilleuses qualités humaines" [de son directeurs (présents à la réception)- on l'applaudit svp - et de tous ses membres ! \o/]

"Le lycée quant à lui est une réussite. Avec 84% d'élèves non français, il a gagné sa légitimité et est dirigé de façon très dynamique". La moitié de la salle était du personnel et comptait entre autre le M. le Proviseur et sa Mme sa Femme. Le budget prévisionnel du lycée, qui imposait 20 à 40 élèves de plus par an pour sa survie financière ("sinon on va dans le mur", M. Piquier, proviseur du Lycée Jules Verne, réunion décisionnelle, printemps 2009), n'a pas été évoqué.

La France promeut également les échanges culturels, notamment une exposition de 150 pièces en provenance directe de
"El Mirador", plus grand et plus haut site maya à ce jour découvert, seront en 2011 au quai Branly. "[Mme l'Ambassadeur espère que pour ceux qui travaillent dans le tourisme, cela entrainera un regain d'activité".
Notons également beaucoup de présence sur le thème de l'environnement pour Copenhague. 
Par exemple, une classe du lycée a planté chacun "leur" arbre dans l'enceinte du lycée. Au Guatemala, on ne rigole pas avec ça. La France a également organisé une rencontre de tous les ministres [de l'environnement ?] d'Amérique Centrale pour en discuter.



Ensuite, nous avons abordé les problèmes des français.
La sécurité au Guatemala est très problématique. En 2009, il y a eu quatre incidents graves pour une population de 86000 français, résidents ou touristes (soit 1 pour 21 500 - population résidente estimée à 5000-6000 - il faut faire gaffe).

"Sécurité toujours, la grippe continue de s'étendre, on compte de nouveaux cas recensés, dont celui d'un bébé mort..." 
L'ambassade donc a adopté plusieurs positions. D'une part, elle met en place des réunions et des informations afin d'informer toute sa population des risques liées à
"la maladie". La France a constitué des "stocks de sécurités" - médicaments, gants, masques, vaccins gratuits - ce qui constitue une "spécificité française" - les autres pays trouvent cela inutile. Elle répond ainsi a une "augmentation très importante des cas de grippe en France". Sic. Nous sommes bien sûr vivement encouragés à procéder au vaccin. "Nous avons de la chance d'être français : Tous les pays n'accordent pas autant de moyens à leur ressortissants" 



Ce fut en suite au tour du consul de prendre la parole. Il se félicita entre autre du lycée français, pour les français,  qui de plus a l'avantage d'accorder des bourses adaptées à toutes les situations, lesquelles prennent en compte tout
"ou partie" des frais de scolarités. Dans les fait, c'est surtout "ou partie", même pour les revenus faibles des personnels de services français.

Bien sûr, à son tour, il cru indispensable d'aborder l'épidémie :
"La pandémie a connu un pic, mais la pandémie reprendra". "On en parle peu dans les médias." "La pandémie". "La pandémie". "La pandémie". "Elle se caractérise par une extrême volatilité la gravité de certains cas pas forcément expliqués". "Vous faites ce que vous voulez, mais ..." "Mais vous devez y réfléchir, d'autant que l'offre de vaccination existe, d'autant qu'elle est aussi ouverte aux proches des français, par solidarité". "Nous avons le nombre de vaccins qui correspond à la population. S'il en manque, la France en fournir rapidement".
"Il ne s'agit pas de vous alarmer sur cette grippe. La vaccination est quelque chose de commun, c'est à chacun de se faire une idée. Des sites d'informations français et étrangers ont été mis à disposition sur le site".

Ce laïus arrivera sans hésiter numéro 2 des meilleurs moments de la réception.
Faiiiiiiites-nous ... Cooonfiaaaaaaansssssssse. Enfin ... Faites ce que vous voulez... Mais faiiites nous confiaaanssse. 

Il passe ensuite aux réductions de budget. Lui aussi.   Les consulats du Belize, du Honduras, du Salvador et du Guatemala ont tous été regroupés au Guatemala. Lequel a vu ses effectifs
"maintenus". "Ce qui permet de garder les postes aux Guatemala, si on le voit positivement". C'est le premier poste en Amérique Latine à être choisi pour tester cette expérience. C'est un "challenge à relever". "L'administration doit se moderniser pour s'adapter aux modifications de l'économie".



Enfin, vinrent les questions, toute française. "Moi, dans mon cas, ...". "Non, pour préciser ce que vous avez dit et qui est une grosse connerie, ...". "Kamoulox...."
A noter cependant, et je conclurai là-dessus :


- "Le projet archéologique Mirador est subventionné par une organisation privée regroupant plusieurs des entreprises - donc des familles - les plus riches du Guatemala. Les subventions françaises à ce projets vont-elles aller à cet organisme ?"

"- Ecoutez... Tout ce que nous faisons donne de la visibilité à la France..."
Eh oui !! Voilà le top 1, le must du must ! L'ultime citation !

Après une pause gênée, Mme l'Ambassadeur se repris malgré tout.
"Non, la France ne subventionnera pas cette organisation. Elle organise des expositions et fouille une zone spécifique du site, autre que celle du projet financé par ce groupe privé... Il n'est pour l'instant pas question de financer un groupe privé"
 

Nous conclûmes sur un apéro de très bon goût et partîmes (500) au resto avec le personnel du lycée. 
Merci bon soir.
 
Par Don Chepe - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /Déc /2009 18:41
Samedi 28 novembre, Antigua, Guatemala.

La France, en les personnes de Mme l'Ambassadeur de France et M. le Consul de France, organise une réception au Porta Hotel Antigua, parmi les plus anciens - donc plus chers - édifices hôtelier de la cité. Le thème évoqué est une rencontre-débat : "Présentation des activités de l'ambassade, questions consulaires et évocation des difficultés rencontrées par les français au Guatemala".

La veille :
Heureux bénéficiaire d'un week-end de trois jours, je décide de partir le vendredi afin de passer une soirée sympathique, susceptible de se distinguer des soirées passées*. Accessoirement, je me dois de calculer le prix potentiel d'un WE complet sur place, cours de salsa et d'espagnols compris. Je prend un chicken-bus. Puis un autre. Et un troisième. Trois heures plus tard, me voilà sur place. Il est 18h. Il fait déjà nuit. Je cherche un lieu ou la passer. Je trouve "El Pasaje", un hôtel "conseillé" par une "amie". Trois euros la nuit, dans le coin le plus touristique du pays. Deux mètres carrés comprenant un lit, une petite table collée à ce dernier dans les 60cm le séparant du mur. Quatre murs et un toit. Propreté approximative. Fermeture à 1h15. Calme. Je m'installe et sors une heure plus tard pour explorer la ville. Pas de cours de salsa. Un peut trop tôt sans doute. J'en profite pour chercher un "restaurante frances" non loin duquel se trouve des clubs abritant potentiellement des "cours de salsa". Vers 20h20, je finis par le trouver, dans la première rue que j'avais visité, un peu mois de 10m après l'embranchement où j'avais bifurqué. La ville ne semble pas morte, mais durant cette heure et demie, est restée peut active. Je m'installe, discute avec la patronne puis un couple qui me renseigne : Il devrait y avoir un cours qui commencera vers 20h30 - soit il y a un quart d'heure. Je prend un repas de qualité française à prix français et (me) promet de revenir. Je sors à 21h30, me promène une heure puis me couche.

Samedi : 
Départ à 8h pour un petit déjeuner en ville et en route vers la réception. Je retrouve sur la route trois autre "professeurs" du "lycée". Nous entrons. Nous sommes les premiers - au personnel administratif près. Qui a dit que les fonctionnaires ne foutaient rien ? On nous offre le café et des petits gâteaux dans la cour - d'époque - de l'hôtel. Une grosse demi-heure plus tard, des investisseurs et entrepreneurs privés, ainsi qu'une quinzaine d'autre membres du lycée sont enfin arrivés. Cela porte la proportion de lycéen aux environs de 50%. Un fonctionnaire est toujours près à se déplacer lorsqu'on lui offre du café et des petits gâteaux. Nous pouvons commencer.

Nous prenons place dans une vaste salle de réception. Toutes les places sont remplies. Mme l'Ambassadeur se réjouit de notre présence et du fait que la salle soit pleine. Nous apprenons que, si nous ne sommes que 40 aujourd'hui, la "communauté française au Guatemala" représente 800 individus référencés plus une large majorité d'anonymes. Auxquels ils faut rajouter dans les 80000 touristes annuels. Une "communauté" "importante au vu de la taille du pays"... Nous entrons enfin dans le vif du sujet.

Mme l'Ambassadeur commence par les activités de ses services. En substance :
Les ambassades, comme tous les organismes publiques, se doivent de s'adapter à un monde en constante évolution et de se transformer afin de suivre les évolutions imposées par les mouvements naturels de nos sociétés. Elles doivent être plus "compétitives". Eh oui, une ambassades aussi doit rapporter de l'argent. Pour se faire, la meilleure solution est de serré les budgets et de réduire les effectifs. Le Guatemala n'a pas une thunes donc ne peut rien nous acheter. On reste là pour faire joli et parce qu'il y a quand même pleins de milliardaires et de narco-trafiquants qui mettent leurs enfants dans nos lycées pour qu'ils viennent ensuite travailler en / avec la France. Mais il ne faut pas trop en demander non plus.
MAIS (car il y a un MAIS, majuscule et tout), la France, par le ministère des affaires étrangères, a malgré tout tenu à conserver des ambassades dans TOUS les pays d'Amérique centrale ! Altruiste qu'elle est.
Par ailleurs, l'ambassade emploie, non pas une, non pas deux mais trente personnes en tout. Ce qui est plus que les britanniques et BIEN plus que les... Suédois ! Cocorico !

L'ambassade de France est divisée en plusieurs services. Un économique bien sûr, mais aussi un culturel et un service de sécurité. Le service de sécurité emploie pas mois de trois gendarmes. Le service culturel quand à lui fait mieux, avec ... Deux employés !! (Attention, ne soyons pas mauvaise langue : J'ai découvert aussi qu'il y avait jusqu'à fin décembre une stagiaire non comptée - et pour cause vu "l'indemnité financière" qu'elle touche.)
Dans un souci d'efficacité, le ministère a eu l'excellente idée de "régionaliser" les ambassades. Ainsi, en Amérique centrale, toutes sont conservées. Mais - là encore - la direction du service sécurité n'est qu'à Managua (Nicaragua) et celle du service culturel au Costa-Rica je crois. De notre côté, et en signe autant de l'importance que nous attachons au pays que de sa prospérité, nous gagnons la direction du service économique !

L'ambassade est aussi en charge de la culture et du rayonnement. Nous avons ainsi, au Guatemala, non seulement un Lycée flambant neuf mais aussi trois alliances françaises et un centre archéologique ! Nous y reviendrons. Il s'occupe également de "la communication" de l'ambassade, dans les médias. Enfin, ils ont récemment et avec l'aide de la section consulaire entièrement refondu et mis  jour le site afin que nous puissions nous tenir au courant, dans l'ordre, des réformes, des discours présidentiels, des gros dossiers du moment... J'ai découvert, hier, encore, qu'ils aidaient également certaines ONG humanitaire. Mais ce ne fut pas mentionné à ce moment. Lorsque l'on jette l'argent du contribuable par les fenêtres, on ne le dit pas. Elle est belle la France !
Elle a mis en place une base de donnée des "mails personnels" de chaque ressortissants et envoie de "nombreux" - une dizaine par an - mails collectifs sur tous les sujets jugés importants. Par exemple, les réceptions publiques, la grippe et la campagne de vaccination associée, ...

L'ambassade s'oriente autour de cinq actions :
- Protection et assistance aux français.
- Soutien et aide à la démocratie, à l'état de droit et aux droits de l'homme
- Protection des intérêts économiques français (présence encore trop peu importante)
- Promotion de la culture et de la langue

Je ne sais pas si mes notes sont incomplètes où si elle s'est arrêtée là.

Parmi les actions associées au second point, l'on trouve un soutien à la SISIC (organisme sous tutelle de l'ONU qui lutte contre l'impunité - le Guatemala atteignant le taux scandaleux de 98%, là où la France par exemple, est beaucoup plus restrictive et ne rechigne pas à condamner un président sortant et ancien rival de l'actuel, pour peu que leur côtes de popularités soient du même ordre), ou une coopération avec la police locale (formation aux techniques françaises par nos services).
Ce second point aurait pu faire sourire. Mais la France ne pouvait s'en passer. En effet, les Ambassades françaises se doivent d'être des "maisons des droits de l'homme", "sans se poser en donneur de leçon car ... euh ...Tout n'est pas parfait en France". Oui, même une ambassadrice à parfois du mal à garder sa parfaite prestance lorsque l'on aborde des sujets trop sensibles.
Ainsi, la France organise des séminaires sur les droits de l'homme, chaque année sur un thème particulier. 2009 aura été la violence contre les femmes, avec 700 meurtres cette année. La France lutte aussi pour les droits de l'enfance.
Enfin, la France a proposé de réfléchir à la modernisation des transports en communs de la capitale. En effet, extrêmement mal déservie, il m'arrive d'attendre parfois plus de 40 seconds pour prendre un bus m'amenant d'un noeud de trafic au centre ville, et parfois presque dix minutes les bus extra-urbains pour le lycée ... A 20km de Guate Cuidad. C'est une entreprise française qui devait être choisie pour cette étude, financée par Paris.




*cf la série des "Guate by night dont la suite arrivera un jour, peut-être 
Par Don Chepe - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 03:24

 

Vendredi 13 : Une bonne date pour commencer un récit. Tout commence un vendredi 13. Quoiqu'en y repensant, tout a commencé la veille, lorsque j'ai dit à Affoue, "l'ivoirienne sculpturale qui prend deux f", que "tiens ce serait bien qu'on sorte ce WE, ça fait longtemps qu'on a pas été danser". "Ouais, non, pas demain, j'ai mieux à foutre". Mais ne voulant pas me laisser sur un échec aussi monumental, la sympathique jeune fille me rencarde avec une amie : Chana (au Guatemala, ils sont petits ET ils ont des noms bizarres - vous avais-je parlé d'Elmer the taxidriver et de tant d'autres ?). Il semble que la gamine organise une party quelque part en ville. Elle me refile son numéro. Je l'appelle. On convient d'un rendez-vous pour le lendemain. J'écrase une clope pour assoir la classe de l'instant. Je passe une soirée minable et solitaire chez moi.
Vendredi 13 donc. J'enfile une tenue excentrique lambda et me prépare à découvrir enfin ce que la ville offre d'activité nocturne. Je sors, en retard, de mon cours de tango. C'est le dernier cours avant la générale. Je téléphone à la petite. 9h dans une boîte inconnue. Je refile la demoiselle à "El Professor", qui parle espagnol en plus de connaitre la ville. Après description de l'endroit, "Rosa, dolce Rosa" qui partage le voyage s'enthousiasme en affirmant que l'endroit est trop cool. Elle a 18 ans. Je ne lui en veux pas. Le couple de "professores" m'assure, une fois la gosse déposée, de la sulfureuse réputation de ladite Chana et que cette soirée rendra certainement jaloux Xav', le trentenaire baroudeur. HARH HARH ! Avec un sourire sadique, je sors mon carnet et raye la 17ème croix de "péter la gueule à Xav'". Dtc le Xav, DTC ! J'arrive à 8h51.
L'entrée est dans un vieux parking glauque, derrière un couple de videur en pare-balle. J'allume un gros cigare pour signifier à ces pouilleux que je ne suis pas n'importe qui. Pour enfoncer le clou je ne tire qu'une bouffée. Comme d'habitude. De toute façon, un cigare ne sert qu'à enfoncer un clou. Confiant, je m'approche. Ils refusent de me laisser entrer. Je ne suis pas le DJ. Je leur explique qu'ils font erreur, que Chana la bombasse millionnaire à la réputation sulfureuse m'attend à l'intérieur. Rien n'y fait. Je me rétracte et propose de téléphoner à la miss. Elle ne répond pas. Le gars qui me refusait l'entrée appelle lui aussi "quelqu'un" et m'annonce tout tranquille que finalement c'est bon, je peux y aller. Par acquis de conscience, je rappelle aussi de mon côté. Elle répond. "Ah non, je n'y suis pas encore, mais oui je viens". Non, je n'entre pas. Je vais attendre un peu. Je vais en profiter pour aller acheter quatre biscuits, ça me fera un dîner. Une demi-heure, j'en prend quatre autres. Les gardes finissent pas m'encourager à entrer. Je leur explique que non, je préfère attendre mon "contact". A 10h, je la rappelle, once again. "Hein ? Non,je ne suis pas là, je ne suis pas partie encore. J'arrive dans 25 minutes. Mais tu n'as qu'à entrer". J'essaie de lui expliquer dans un mélange approximatif de français, d'anglais et d'espagnol que non, je ne rentre pas dans une boite louche où, ne nous étant jamais vu auparavant nous n'avons aucune chance de nous reconnaître et où le volume empêchera tout espoir d'entendre un téléphone sonner. Mon téléphone est justement d'une qualité déplorable et ni elle ni moi ne comprenons plus de la moitié de nos syllabes.
Dix minutes plus tard, je me recoiffe puis je rentre. Premier constat : La musique est supportable. Très bon point. Mes tympans survivront et l'expérience pourra éventuellement être retentée. Deuxième constat. Personne ne danse. D'ailleurs il n'y a pas beaucoup de monde. Il n'est que 10h15 me direz-vous. "Viens voir en France l'état de la nuit à 10h15". En France il n'y a pas de couvre-feu à 1h. Même les bars ne ferment pas aussi tôt le WE. J'attends dix minutes de plus. Le délai écoulé, je me tire enfin. Je tombe nez à nez avec "Ana la styliste à l'appart" qui tentait "l'opération inverse" avec certains de ses amis. Je rerentre avec eux, dans un vain espoir, l'utopie que les nuits guatémaltèques sont peut-être bien pour autre chose que leurs lumières, qui sait. Un quart d'heure plus tard, je vois se pointer "la ravissante poupée glaciale", "l'asiatique qui ne souriait pas". Elle a l'air de chercher quelqu'un. Si ça se trouve, en fait, je la connaissais, la Chana. "Clément ?". Faut croire que oui.
On échange quelques banalités d'usages, dans la limites de nos langues et du volumes. Elle termine par "tu es gay ?" - "non ... ?"  - "ah bon ... Je ne faisais que demander, on ne sais jamais, ne le prend pas personnellement surtout". Elle retourne s'assoir avec ses copains, pars danser avec l'un deux et disparait dans un élan d'inattention moins d'un quart d'heure plus tard. Je retourne "danser" avec "Ana". Il faut savoir que le guatémaltèque a une conception toute personnelle de la "danse". Plutôt que de danser en groupe, comme n'importe quel individu européanenement constitué, il se range en lignes, face à la sono et oscille tranquillement sans lever les pieds - ou le moins possible, parfois son équilibre le trahit un peu - et sans lever les bras au dessus de poitrine (ni les baisser en dessous de la ceinture). On pourrait croire à une reprise du mia, mais c'est encore un peu trop actif.
Vers minuit et demi, Ana et sa copine s'en vont. Las, je suis. Elles m'appellent un taxi. Elles sont adorables. A 2h, le taxi n'est toujours pas arrivé et la copine d'Ana appelle pour la quatrième fois l'agence - et me retransmet les dernières informations et consignes. Elle est vraiment adorable. La pauvre. Vers 3h, j'arrive enfin chez moi.

Samedi 14. Je me réveille à 6h. Les rideaux ne servent à rien. J'utilise ma couverture. Je me lève à 7h30. Vers 10h, Affoue appelle. On passe la matinée ensemble, on "fait du shopping", on "visite" des "jardins""organiser" "l'anniversaire de sa fille". "Sur la route", Affoue reçoit un coup de fil de Chana. Après lui avoir fait remarquer que son comportement était un peu déplacée, elle écoute attentivement le récit des "performances" de son "amant". J'ai droit aux commentaires. Résigné, j'inscris le premier nom féminin sur mon carnet. Nous nous quittons vers 15h pour aller chacun faire une sieste et se retrouver en début de soirée. D'ici là, l'ivoirienne doit trouver à meubler la fin du week-end. Je suis réveillé par mon téléphone à 19h. Il fait nuit, je me demande ce qui se passe, ce que je fais et pourquoi on me réveille en pleine nuit. Je finis par comprendre. Elle passe me prendre une demi-heure plus tard. Nous devons aller récupérer Ana, laquelle fini de travailler à 20h afin d'aller dans sa maison d'Antigua - on est riche ou on ne l'est pas. Elle ne l'est pas vraiment mais quand même. A Antigua, on mange et on sort. Nous partons à 21h. Nous arrivons une heure plus tard. Pile l'heure ou les restos ferment. Car non content de fermer les bars et toute vie nocturne à 1h, le gouvernement a décidé cet été de fermer aussi les restos à 10h du soir. Nous finissons par trouver un bar qui servent à manger. Conseillé par Ana. Une pizza maison telle qu'aucun d'entre nous n'oserait servir tant les ingrédients sont rares et fades. Dernière fois que j'écoute les recommandations culinaires d'un guatémaltèque. Ils sont comme les niçois. Nous finissons le repas peu avant minuit. En plus, le service est d'une lenteur désepérante. Nous cherchons quelques endroit ou finir la soirée - l'heure - sans vraiment en trouver. Nous passons le dernier quart d'heure dans un patio-bar plutôt mignon puis rentrons nous couchés, notre hôte étant crevée. Nous regardons "Death Proof" jusqu'à des heures indues. WE sauvé. 
Nous nous levons à 9h, nous regardons à nouveau death proof en attendant que la propriétaire se réveille. Nous petit-déjeunons en attendant qu'elle se réveille. Nous flânons en l'attendant. Nous nous embêtons en l'attendant. Puis vers 13h, nous la réveillons. Nous voulions être assez tôt à Guate. Le temps qu'elle se réveille, mange et se prépare, nous allons nous promener, revenons, tentons de la bouger. Nous partons vers 16h. Nous visitons un jardins où organiser l'anniversaire. Nous arrivons vers 18h dans nos domiciles respectifs.

Je me dis que les nuits locales ne peuvent pas être aussi pauvres, et puis je m'endors, bien résolu à rattraper le tout une semaine plus tard.

 

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