Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 01:42
Cette semaine fut studieuse, ou presque. Il en fut de même de la précédente. Il est donc tant de mentionner un peu plus amplement le lycée, les élèves, les classes, les collègues, ...

 
En mathématiques, nous avons cet avantage d'enseigner à tout le monde et de frimer parce que notre matière est importante. De manière générale, ça ne marche pas mal jusqu'à ce que les élèves s'oriente vers des 1ère L et Tle L. Heureusement, l'un des notre est parvenu à également infiltré leurs classes. Un prof de maths ne s'avoue jamais vaincu. Qui plus est, les classes littéraires comptent à elle deux une quinzaine de personnes. Preuve de notre réussite s'il en est. Des mauvaises langues affirmeront que la politique de dénigrement de l'établissement – laquelle envoie tous les bons élèves en S et laisse les autres filières à ceux, indignes, qui auraient fait chuter les stats du lycées s'ils avaient été confrontés à un bac scientifique – nous concurrence : Il n'en est rien. Le prestige des classes scientifiques sur un publique dont l'aboutissement d'une carrière est d'aller faire ses courses au centre commercial* non plus.

 
Cette politique est bien sûr décriée par le corps enseignant. Comme beaucoup de décision de l'administration. Récemment, ces derniers sont parvenus à mettre en place un conseil d'établissement, semble-il imposé par la législation française. On y trouve des représentants des parents, des enseignants, des personnels techniques et administratifs et la tête du lycée et de la « runta » (association qui gère le lycée et qui engage tout ce petit monde). Les locaux y sont difficilement représentés et le proviseur tend à ne pas en respecter les décisions. Pour cause ! Ce conseil n'a qu'un rôle consultatif. Quelques autres curiosité achèvent de cristalliser les tensions du « corps enseignant ». Il est impossible par exemple de modifier l'emploi du temps des classes. Même quand élèves et profs s'arrangent, que tout est trouvé jusqu'à la salle. Refus catégorique. Plusieurs anecdotes pourraient être rapportée, d'action tendancieuses.
Bien sûr, il est interdit au guatémaltèque de se syndiquer. On trouve donc e salle des profs des panneaux d'affichage : « représentation locale » se trouvant opposé à « syndicats français ». Ces derniers prétendent qu'il s'agit d'une tentative de soulever les gentil guatémaltèques contre les méchants syndicats qui défendent leurs intérêts.
Nous sommes en pleine période d'élection. Sans être encore entré dans le détail, les discussions sont amusantes. Au sein même des enseignants, certains font de la médisance une compétition.
On ne se refait pas.

 
Point amusant : Ici, les familles sont des clientes. Le lycée est privé. Ici, c'est également comme a que l'administration les mentionne. Je ne suis pas encore parvenu à me renseigner sur le caractère non-lucratif de l'association.

 
Notons que, lors des discussions que je pus avoir avec chaque membre de chaque branche du lycée, tous furent des plus charmants. Je ouïe dire que le guatémaltèque était accueillant mais se liait difficilement. Le français a semble-t-il importé son hypocrisie.

 
Les élèves quand à eux, sont absolument adorables. Je m'occupe personnellement de distiller la science dans les têtes blondes – brunes ici – d'un tiers des 6ème , de la moitié des 5ème , de l'intégralité des 1ère S et des Tle ES. Classe hein, tous les 1S et TES à moi tout seul ?

 
Les sixièmes sont tous plus mignons les uns que les autres. Bien sûr, certains n'écoutent que peu, mais ils restent sages. Encore plus petits que le reste des guatémaltèques, ils parviennent cependant à dépasser le nombril d'un français. Et dieu sait que c'est une tâche difficile (oui, Dieu est un fondement de la culture locale, il faut bien que je l'intègre un peu à mes mails). J'en ai vu arriver deux vendredi, qui rentraient en retard d'une expédition en forêt (le bois du lycée, bien une cinquantaine ou une centaine d'arbres à raison d'un arbre pour 3m² à peu près), tenant fermement leur loupe sur leur classeur, emprisonnant ainsi chacune un doryphore (les ariégeois apprécieront). Elles les trouvaient joliiiiis. Ils se sont bien sûr envolés dès que, revenues en classe, elles ont soulevé leur loupe. Ils saluent joyeusement à chaque fois qu'on les croise et semblent heureux d'aller en cours. Bwahaha. Certains on cependant quelques problèmes d'expression et de compréhension du français. Voire de compréhension tout court pour de rares cas...

 
Tout aussi gentil, les cinquièmes se caractérisent par un début d'adolescence. Plus dissipés, certains se prennent même pour des grands. Pauvres fous. Je vais devoir sévir.
Les premières sont eux aussi fabuleux. Sans doute ma classe préférée (en tant que prof, je me dois d'avoir des chouchous. Fidèles à des ambitions démesurées de domination compensatoire, je me devais de le faire en grand. Une classe entière me paru bien. Plus, ce n'était pas vraiment des chouchous). Sérieux, intéressés, intelligents – pour la plupart ... hum – il y a en plus de vraies bribes de math dans leur programme. J'en ai qui sont venus me voir après un cour pour demander des explications complémentaires et qui qui sont resté UNE HEURE ! Entière ! Après, ils « avaient cour ». On ne me la fait pas. Mais au bout de trois semaines, j'admire la performance. De mon temps, ce n'est pas nous qui aurions été voir un prof. A croire qu'ils ne connaissent pas le tarot, ces indiens. Les 1ère S sont régulièrement cités dans la salle des prof. D'une part, il semble que même comparés à une 1ère S normale, ils déchirent du poney avec les chaussettes. Ensuite et surtout, on y trouve plusieurs cas :
        
          - Ils n'avaient, jusqu'à ce matin, samedi, pas de prof de physique.
     Celui qui leur avait été trouvé, un peu au dernier moment
     d'ailleurs; à eu la bonne idée de repartir le lendemain de son
     arrivée. Soit il y a une semaine tout pile. Sans prendre le temps
     de voir les classes puisqu'il arrive un vendredi. Heureusement
     d'ailleurs, cela permit de ne pas mentionner son arrivée auprès
     des élèves et des parents. L'administration gère la diplomatie. La
     semaine dernière cependant, le prof de physique et demi que compte
     le lycée se partagèrent les heures manquantes, y compris celle-ci.
     Ils ne veulent pus recommencer.
        
          - Un des élèves, pentathlète de haut niveau souhaitait s'aménager un
     emploi du temps sport-étude. Avec la bénédiction de
     l'administration, mais pas celle de sa professeur principale. Il
     faut avouer qu'il prévoyait trois matinées/semaine d'entrainement.
     Ce qui le privait de 40% de ses cours de maths et sans doute
     d'autant de cours de physique.
        
          - Une autre élève s'est faite opérée du cœur – opération à priori
     sans danger – à Miami, cette semaine. Elle doit ensuite partir en
     Savoie s'intégrer à une vraie filière sport-étude ...
     D'équitation. Elle partirait deux ans, laissant sa famille sur
     place. Elle a deux frères au collège, dont l'un, adopté, vient
     d'être diagnostiqué épileptique. Il est dans ma classe de 5^ème .
     C'est amusant la vie d'un lycée, on a plein d'histoire glauque
     comme ça.

 
Tenez, une autre histoire glauque de la semaine, plus typiquement guatémaltèque celle-ci. Cœur sensibles s'abstenir, celle-ci l'est vraiment.
Une jeune fille du collège, 5ème je crois sans certitude, dont les parents étaient divorcés n'avait pas le droit de voir son père. Il faut savoir que les affaires de parents divorcés où le père finit par séquestrer l'enfant sont « courantes » au Guatemala. Du moins parait-il. C'est logiquement que, lorsque le père arriva au lycée mardi et demanda à voir la fille, on le lui refusa. Mercredi, on apprenait qu'il était mort dans la nuit.

 
Enfin, les Tle ES sont amusants. Ils sont dix dont trois filles. L'une est parfaitement silencieuse et ne répond qu'en marmonnant des monosyllabes. D'après les autres profs, elle serait brillante. Nous verrons bien. Une autre est l'élève la plus sérieuse de la classe et celle qui semble présenter le plus de facilités. Anecdote : Lors d'un voyage scolaire en France cet été, les accompagnateurs perdirent son billet retour 6h avant le départ (prévu pour 6h du matin, en journée, c'eût été faible). Elle fut contrainte de rester avec le prof qui avait prévu de passer des vacances chez vous. Les parents refusant qu'elle voyage seule (à 16 ans, parfaitement bilingue, on ne sait jamais) et sans aide de l'administration fermée, le pauvre prof l'accueillit chez lui à ses frais avant d'écourter ses vacances pour la ramener. Les parents demandent à vérifier scrupuleusement tous les frais du voyage. 
La dernière est la déléguée. Les hommes quant à eux sont pour moitié de gros rugbymans se désintéressant complètement et officiellement des maths voire du lycée. Les autres sont à peine plus sérieux. Ils l'assument et sont en dehors de ça adorables. Compréhensible pour celui qui veut devenir cuisinier. Les autres ... Doivent avoir les parents pour suivre derrière.
Par exemple, le meilleur ami du cuisinier est arrivé en retard lundi ou mardi. Quelques heures plus tard, je le croise à la caisse de la cantine. Ravi de le voir, je demande quelques explications au cas où la raison fut grave. Que nenni. Il avait été bloqué chez lui par une descente de police qui venait vérifier qu'il ne détenait pas un fourgon de drogue. On ne sait jamais...
Dans la foulée, il me proposait de me vendre des tickets, « vieux restes de l'année dernière où il en avait beaucoup trop acheté » plutôt que de passer par l'entreprise gérant le tout. Cette dernière nous étant imposée par la direction guatémaltèque et n'étant que d'une qualité très médiocre, sourde à toutes les remarques des consommateurs, je n'hésitai que peu.
Je pense qu'il croit tout de même m'avoir persuadé que ses tickets sont des vrais.

 
Concluons parle programme des sorties :
Mardi, spectacle de tango des plus sympathiques. Vrais musiciens, vraie sono, bons danseurs (mes profs et collègues, chut) dans un restaurant de la zona viva (l'un des deux coins branchés de la ville) au nom mexicain donc imprononçable. Ils connaissent le rhum, pas le grog. Un français, patron d'un resto proche (la Launcha) et ami du lycée, leur expliqua. Un grog coûte 2,5 euro, pour peu qu'on leur fasse comprendre. Le français en question le fait à base de thé. Le grog au thé, « je conseille, smlp »**.
Vendredi, nous récidivâmes avec une milonga à la Launcha. Le grog n'était pas plus prévu, mais l'explication fut inutile. L'EVENEMENT marquant (et je pèse mon caps lock) fut un « hey, mais tu danses super bien la salsa » alors que j'improvisais un truc ressemblant vaguement à du rock. Je m'aime.
Enfin, jeudi, j'invitai Christophe et toute sa petite famille dans un troisième restaurant choisi au hasard de nos pérégrinations. Nous finîmes dans ce qui serait l'un des plus chics de la ville, filiale des hôtels Hilton. Le « Café de Paris » Ça ne s'invente pas. J'ai cependant quelques doutes sur la véracité de l'information. Pour trois adultes et deux fillettes, avec donc trois apéros, une entrée, cinq plats, trois desserts et quelques autres boissons – pas trop, je m'en tirai pour 90 euros. Un filiale Hilton pratiquerait des tarifs guatémaltèques au Guatemala ? « Pourquoi pas Macdo, lol ? »

 
La cinquième page est loin et, si je ne doute pas pouvoir plus tard parler plus amplement du lycée, je manque pour l'instant d'imagination et d'idées. Par ailleurs, j'ai faim.

 
* En réalité, rassurez-vous, la réalité n'est pas aussi stéréotypée que ça. Quoique parfois ...
** Expression typiquement française remise au goût du jour par un prof d'histoire que nos fréquentons et que la décence m'interdit de citer dans son intégralité.
Par Don Chepe - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 02:40

Très important pour vous convaincre.

Daté du 15/09/2009


La rentrée administrative eut lieu le 01 septembre. Celle des élèves le 03. Les cours ont vraiment débutés le 007. Bonne nouvelle : Le vendredi est libre. Mauvaise : Les autres jours s'en retrouvent plutôt chargés, si bien qu'un week-end de trois jours est presque indispensable. Oui, nous passons 19h par semaine debout à marcher partout dans une pièce en parlant tout le temps. C'est dur d'être prof. Si si. Pauvre moi.

Seconde bonne nouvelle : Les élèves me comprennent. Du moins font-ils semblant.

Afin de se plonger au mieux dans les cours, nous fêtons demain (et aujourd'hui pour vous) l'indépendance. Ce qui nous permis, grâce à un sondage express réalisé par le proviseur auprès des dix - soyons généreux - professeur présents de banaliser le lundi. L'argument était que selon un autre sondage préalable, réalisé par les même soins, 30% à 40% des élèves ne viendraient de toute façon pas. Ma première fin de semaine fut donc l'occasion de mes premières vacances, assez inactives disons-le.

Le 15 septembre 1821, l'intégralité de l'Amérique Centrale, obtint son indépendance. S'en suivit une guerre civile (1838-1840 d'après wikipédia) dont résultat la séparation que nous connaissons actuellement (Guatemala, Salvador, Nicaragua, Honduras, Costa Rica, puis plus tard, Belize issu du Guatemala et sujet parait-il sensible). Ces cinq pays fêtent de concert leur fête nationale. Ils en gardent également des drapeaux très proches : Deux bandes bleues et une blanche avec un symbole au milieu. Le Guatemala crée la surprise en verticalisant ces bandes, le Costa Rica en les réduisant : Le symbole, une grande bande rouge, prenait trop de place. Je vous épargnerai la suite, se résumant à une suite de dictature, à la construction du terme de république bannière, à la bienveillance de l'oncle sam et enfin à un traité de paix avec la guérilla qui mis fin aux successions de coups d'états en ... 1996 (source : Wikipédia. Plus de certitude lorsque j'aurai fini un très bon mais très gros livre conseillé par Bertrand, prof d'histoire).
A cette occasion, au Guatemala, plusieurs célébrations sont organisées. Tous les petits villages envoient une délégation à la grande ville la plus proche. Chaque délégation court en portant la "flamme de l'indépendance". Le principe est le même que pour les JO.

A Guatemala se tient un défilé qui serait sans intérêt, sauf à apprécier ce type de cérémonie. A Quetzaltenago (Xela - prononcer Sheila comme la chanteuse pour les intimes - ne demandez pas d'où ça sort), les fêtent dureraient toute la semaine et seraient à voir absolument. Je n'ai trouvé personne pour m'y accompagner. Les bougres ont tous préféré rester à Guate. Heureusement, afin de meubler ces mornes soirées, un jeune couple pendit sa crémaillère samedi et un collègue prof de tango m'invita à un concert/spectacle à Antigua dimanche. L'honneur est sauf, mais je m'égare.


Les fêtes nationales sont, dans ces petits pays, très importantes. Ce sont en effet de très jeunes pays, vous l'aurez notez. La notion de nationalité y est vitale comme ciment, mais ne s'appuie véritablement sur aucun fait réel. La majorité de leur histoire étant commune avec leur voisins, ces derniers sont devenus des insultes nationales. Attention à ne pas se tromper. Ainsi, tout ce qui peut permettre de rattraper le chauvinisme parisien y est primordial.


Le lundi fut consacré, en dehors d'internet bien sûr, aux courses dominicales. Le Guatemala est, nous venons de le voir, un pays se relevant de 150 ans de dictatures menées par des individus, on s'en doute, plus soucieux de leurs profits que de l'intérêt commun. Leurs "successeurs" (les tenants du pouvoir n'ont en réalité pas beaucoup évolués), peu portés par des idéaux socialistes, entretiennent leurs privilèges grâce à un capitalisme galopant. Ce qui explique les records d'inégalités atteints séant. Fort heureusement, cela change, et le gouvernement actuel est presque, selon les médias dominant du moins, communiste : Il veut financer du riz pour compenser la sécheresse du Niño (laquelle semble avoir,

dans les régions les plus reculées, de graves répercutions sur la population).

Dans un modèle ultra libéral, rien d'étonnant donc à ce que l'on travaille aussi le dimanche.
Rien d'étonnant non plus à ce que les tous nouveaux centre commerciaux - lesquels humilient la France en terme de services, d'animations et de décoration - soient LA sortie du dimanche pour le tout-Guate.


Soucieux de ma culture, j'ai été hier visité un de ces plus modernes représentants. Je devais dans tous les cas passer par là pour aller à LA librairie de Guate proposant des livres en français. Cette librairie est fabuleuse, j'y reviendrai.
Le centre s'appelle Oakland Mall. Il fait trois étages, standard, mais avec cette particularité qu'au second, les escaliers ne sont pas doublés : On monte d'un côté pour redescendre de l'autre. Au troisième, on monte et descend au même endroit, à l'opposé des escaliers menant au premier. Bien sûr, les magasins sont sur les côtés, laissant le centre creux pour offrir un sentiment de grandeur, de luminosité et d'ouverture. Et pour qu'on ne puise pas traverser une fois lancé.
Le troisième est muni d'un cinéma et d'un manège à chevaux de deux étages (comme celui de la Comédie, de Wilson, du bois de Vincennes, ...). Sous l'emplacement du cinéma, les deux autres étages font un L au fond duquel est un mur d'eau éclairé dont les motifs évoluent (les jets, pas la lumière. Ce serait too weak), pour faire des ondulations ou ... Des slogans. Au rez de chaussé, on trouve bien sûr divers stands publicitaires, dont un muni d'une voiture. Au second se trouve la traditionnelle barre de restaurants et la terrasse qui leur est associée. Une série de kiosques Burger King, Mac Do, Pollo Campo, trucs chinois ou mexicains divers permettent au tout venant de prendre un petit repas et de s'installer sur des tables donnant sur le reste du centre. Bien sûr, la wifi est gratuite. D'autres stands proposent cafés, thés et desserts (Saul est le principal). Comptez environ 4 à 6 euro le menu. Hors de prix.


Pour manger, le Guatemala est parsemé de petits restaurants, les comedors. Ils proposent de la cuisine typiquement guatémaltèque (poulet ou bœuf en sauce ou grillé, accompagné de riz et/ou de frijolles, parfois de frites ou d'autres légumes) préparée par une maitresse de maison tout aussi typique (petite, grosse, 45 ans). Il y a en général deux à cinq tables en plastiques recouverts d'une toile cirée. Le menu inclus une boissons (orangeade plutôt douteuse la plupart du temps) et trois ou quatre tortillas. Le tout coûte de 1,5 à 2,5 euros.

Les restaurants plus chics existent aussi, mais sont concentrés sur les quartiers adaptés. Compter de 10 à 20 euros pour un menus entrée-plat-dessert, plus 3 à 5 euros de boisson. Il faut en général ajouter l'agua pura, l'eau du robinet n'étant pas potable. Les entrées/desserts sont accessoires et les plats prévus pour être uniques. Les desserts sont d'ailleurs, en général, assez médiocres. La bière, vendue au litre, coûte 4 euros.

Dans les bars, on peu trouver du rhum à 1,5 euros/verre. Ce qui monte avec le standing, bien sûr.

Par exemple, j'allai donc dans cette fameuse librairie, Sophos.

Elle se trouve en plein cœur de la Zona Viva, un des rares endroits "sûrs", bien entretenus et vivable de Guate. Assez jolie. La librairie elle-même se trouve dans un grand bâtiment plutôt moderne mais assez respectueux de l'architecture locale (mur en brique, tuiles, ...), disposant d'une vaste cour intérieur dotée, au rez de chaussé comme à l'étage, de plusieurs terrasses. Le reste est occupé par des magasins plutôt chics. A l'étage, la librairie offre, outre des livres en anglais et français, des fauteuils, ainsi qu'un bar en terrasse pour y bouquiner en dégustant un thé ou des gâteaux. Une boisson (cocktail de fruits frais, thé, café ou chocolat glacé maison, ...) et un dessert très au dessus des standards locaux coûtent 4 euros.


La nourriture est elle aussi, de manière générale, très peu chère. Le kilo de pâtes est, je crois, aux environs de 60 centimes. On trouve des sous-vêtements à moins de 1 euro. L'eau pure coûte 3-4 euros les 19 litres. Dans les fournitures "vitales", tout est de cet ordre.

En revanche, tout ce qui ressemble à des produits occidentaux est à un prix ... Occidental. Les vêtements de marque, les appareils électriques (rasoirs, téléphones, appareils photos, ...), ... Et étrangement, même le mobilier (lit + matelas : 300-350 euros). Les voitures sont légèrement moins chères que chez nous, sans plus. Heureusement, le bus est donné (en moyenne 40 centime pour des trajets d'une demi-heure, n'incluant par contre pas les changements). Prix qui, mensuellement, peut quand même atteindre le tiers des revenus d'une famille guatémaltèque. Dès qu'on habite un peu loin et/ou qu'on a des enfants ...

Les livres français sont, bien sûr, au dessus de ce que l'on connait (compter 10-15 euros pour un poche).


Je terminerai mes considérations sur le coût de la vie par ceci : Antigua, offre des chambres d'hôtel à 5-10 euros/nuit.

Antigua est touristique. Avis aux amateurs.


La suite au prochain numéro.

Bises à tous

Par Don Chepe - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 02:34

Avant toute choses et à autant de fins utiles, suite à certaines remarques, précisons :

Il ne me viendrait pas à l'idée de remettre en cause les actes nazis.

Il ne me viendrait pas à l'idée de vous écrire que 2 et 2 font 4.

Il m'était indispensable de commencer l'article précédent par un rappel du contexte.

Il m'était indispensable d'éviter les discours à tous rabâchés depuis l'école primaire.

J'espère donc que la forme n'aura choqué personne.

 

Reprenons.

 

Mail daté du 07/09/2009

Bonjour tous !


Après moult pérégrinations, me voilà enfin avec une maison et une connexion, un clavier azerty qui fonctionne, de vrais accents français et un carnet d'adresse complet !

C'est avec un bonheur certains que je reviens donc au monde des communications et que je reprends liens avec la France, avec vous !

Vive la France, vive le Guatemala libre !



Bonjour mesdemoiselles, bonjours mesdames, bonjour messieurs.


Par où commencer ? J'eus dû, dès mon arrivée, commencer à préparer un mail, narrant chacune des rencontres et des découvertes que réserve ce beau pays. Je l'ai omis. Spectacular mistake. Tentons par exemple une reconstitution historique bordée de digressions anarchiques et laissons nous guider.
Vous me permettrez de reprendre du début pour ceux que gmail aurait décidé d'ostraciser dans sa version en ligne et pour les retardataires qui n'étaient à 'époque pas mes amis.


C'est donc après une semaine de préparation intense (encore merci à toutes les aides), d'organisation improvisée, d'oublis et d'une dernière nuit de 3h que je m'envolai pour Madrid, le 21 août dernier.
Réveil à 6h15 pour se rendre à l'aéroport 2h avant l'embarquement. Enregistrement prévu à 7h40 donc. Arrivée sur place à 7h15, nous sirotons un dernier thé dans un café digne de la réputation aéroportuaire, après avoir attendu 8h40 qu'Iberia daigne ouvrir son comptoir à ce vol. Partant à l'heure, c'est tout autant ponctuel que j'arrive à Madrid et en repars. L'aéroport de Madrid à ceci de fantastique que non seulement les temps de trajets entre les halls sont indiqués sur de grands panneaux, mais que le transport y est facilité par des tapis mécaniques et – mieux encore – un métro privé une fois et demie plus grand que celui de Toulouse. Je m'endors avant d'atteindre le Portugal (j'aurais pu observer Lisbonne vu du ciel), mais me réveille attend pour le repas. Bien maigre, mais triple : Déjeuner, goûter, dîner, servis assez rapprochés pour commencer à s'adapter à l'heure locale. J'observe Haïti, la Jamaïque et le Guatemala vus du ciel. De 12000m de haut, tout se ressemble. Sauf l'Espagne. C'est tout jaune, l'Espagne.

Après 15h de voyage, me voici enfin à Ciudad Guatemala. Là où l'on constate la puissance de la France, c'est que nul jamais ne m'embêta, à aucune douane, madrilène ou guatémaltèque. D'autre, notamment un brésilien venant de Colombie, n'eurent pas cette chance. Il faut dire qu'en plus il était noir. Il y en a qui cherchent les ennuis. 15H30 après mon décollage, après avoir esquiver une correspondance pour Panama et récupéré mes bagages, je sors enfin pour un premier contact avec cette belle ville qu'est Ciudad Guatemala – Guate pour les intimes. Une bonne heure durant, j'attends et demande un peu à tout le monde « habla frances ». Parmi mes rares connaissances d'espagnol de l'époque. Abordés par d'innombrables taxis et complexes hôteliers, je me faufile et parvient à aborder également de vrais voyageurs et leurs accueillants. Parmi eux une nonne qui me confirme que le numéro de l'ambassade indiqué sur mon guide touristique est faux et un sympathique individu qui non seulement avait le bon goût de parler anglais (comme beaucoup de monde à cet endroit, reconnaissons-le) mais dont la mère maitrisait le français. L'homme l'appelle, je lui explique mon embarras : Seul à Guate, sans personne pour venir me chercher, sans téléphone, sans numéros à appeler, avec pour seul contact un proviseur en vacance et une ambassade visiblement injoignable. Fort gentiment, elle assure s'occuper de moi. Dont acte. Dix minutes plus tard, la voilà qui rappelle son fils : Le lycée est fermé, pas d'autres contacts. Abusant de bienveillance, l'homme me met dans un taxi et explique au chauffeur où se trouve l'ambassade.

Taxi exclusivement hispanophone, bien sûr, à l'aéroport...

La circulation guatémaltèque est, quand on vient de France, d'un style assez dur à imaginer. Le clignotant est optionnel. A la place, ils tendent le bras dehors. Lorsque l'on sait qu'ils roule lentement (max 70km/h, officiellement) mais serré, qu'ils double indifféremment à gauche et à droite, qu'ils font demi-tour un peu n'importe où pour peu qu'il y ait la place et qu'ils se repèrent au klaxon, le concept impressionne. Lorsque l'on y est pas habitué, le changement de route via une station service (là, comme ça, sans freiner ou presque) est sans doute le plus exotique. Je découvrirai plus tard qu'il y a des endroit spécifiquement prévus pour des demi-tours au milieu de la route et que les stations services sont régulièrement utilisées comme tel.
Arrivé à l'ambassade, fermée (Oui, car en plus d'avoir un numéro non attribué, elle n'ouvre que le matin. Mais qu'on se rassure, aujourd'hui, lundi 31, nous l'appelons à midi moins une, et elle nous assure qu'on peut passer jusqu'à 17h30, aucun souci. On l'avait appelée sur le même numéro jadis faux bien sûr). Après moult discussions entre le chauffeur et le garde, planqué dans sa loge et qui avait donc été obligé de bouger, on me passe le responsable de la garde de l'ambassade, un français (enfin !!!) fort sympathique, qui se charge de téléphoner au proviseur afin que je sois pris en charge dans les 50 minutes. De mémoire, trois ou quatre appels sont nécessaires à la parfaite compréhension du tout par tout le monde (moi, le chauffeur, la garde). Un peu plus tard, un autre français, Christophe nous téléphone afin de s'entendre avec le chauffeur. Là encore, tout ne se règlera pas en un coup de fil. Je vais retirer 50 dollars sur une machine au fonctionnement des plus étrange (on met la carte, on l'enlève avec un timing assez précis, on tape le code, on a les sous – il m'a fallu trois essais pour comprendre et y arriver), le chauffeur fait le plein, on retourne à l'ambassade attendre un peu. On feuillette les guides de conversation, je tente mes premiers mots hispaniques, on parvient même à échanger deux ou trois infos standards (nom, boulot, ...). L'orgie. Deux heures plus tard, Christophe et sa femme, Mariatsa, arrivent, tout juste sorti des bouchons. 19H à Guate, enjoy your life. Refusant de reprendre la route tout de suite, il m'amène au Macdo. Une heure plus tard, il m'amène chez lui, me présente sa petite famille (deux adorables petites de 9 et 7 ans). Enfin, à 5h du matin heure française, je vais me coucher dans la maison de Nordine, responsable des activités extra-scolaires de l'école et voisin de Christophe. Le gars ne fait que dormir dans sa maison, y prendre des douches (froides, le chauffe-eau électrique intégré au pommeau a grillé) et y manger des salades. Ça se voit.

Quatre chaises en plastiques ; une table basse dans un coin, couvertes de bidules électriques ; une cuisine avec en vrac un micro-onde, un frigo, un petit four, quatre plaques, un évier calcaire et de la vaisselle à refaire ; un chambre vide ; un chambre avec un lit seul et nu ; sa chambre (le lit avait une couverture dessus !) ; deux salles de bain avec toilettes. Pour trois chambres. Oui.

Mais qu'on se rassure, c'est faible par rapport aux standards du coin.


Le lendemain, samedi, j'entame le premier WE de ma nouvelle vie. Événement riche d'animation puisque j'ai la chance de découvrir dans la même journée le village du coin, un anniversaire traditionnel dans une maisonnée de bourgeoisie moyenne mais décontractée, une kermesse des anciens élèves et un repas typique.
Le village est constitué d'une rue principale très animée, avec des gens, des bus (les bus, un poème, nous auront l'occasion d'y revenir), du bruit, des petits bâtiments tout moches mais très vivants, et pleins de petites ruelles pas goudronnées entourées de maisons en béton décrépi. Ces dernières font un peu bidonville de luxe, mais c'est très typique et dépaysant. Qui plus est, si la pauvreté est omniprésente, la bonne humeur l'est autant et elle ne se voit pas tant que ça.

Le repas traditionnel que j'ai goûté est en fait le petit déjeuner (mais c'était au dîner, hein). Il se compose d'une bouillie de haricots noirs (les frijoles), d'omelette, de tortillas et de divers accompagnement et sauce. Là, par exemple, un truc à base de crème fraîche. Très bon.

L'anniversaire d'une fillette de neuf ans se déroule comme suit. L'après-midi, on invite tous ses amis. Ils jouent ensemble, on invite des clowns, puis on casse une ou plusieurs “piniata”. Ce sont de grandes poupées en papiers renforcées par des fils de fer, creuses et préalablement remplies de bonbons en tout genre et suspendue à une ficelle de façon à être facilement mobile. Les enfants tapent dessus tour à tour, de préférences les yeux bandées, pendant que les adultes font voler la poupée en tout sens. Au bout d'un moment, la poupée se casse et tout les bonbons volent partout (surtout par terre). Les enfants – voire les adultes – se jettent alors dessus afin d'en avoir le plus possible. Ensuite, les enfants rejouent ensemble, mangent des bonbons (là, l'un d'entre eux s'acharna sur les restes des poupées afin de s'assurer de lors totale destruction, pendant que les autres jouaient entre eux dans l'autre jardin (oui oui). Soit bien à 7 mètres (oui...).
Enfin, on partage le gâteau (un truc ressemblant plus ou moins au parfait imaginaire enfantin, représenté sur tout bon dessin de cet âge), on le sert avec d'autre bonbon/glace/super jus de fruit maison mega bon, et on bouffe le tout. Bien sûr, les invités ont le bon goût d'apporter un petit cadeau que l'on stockera dans un coin pour plus tard.
C'est là que je suis parti à la kermesse, avec Christophe et Bertrand.

Christophe est le responsable des personnels techniques du lycée (enfin le sous-responsable). Bertrand est un prof d'histoire-géo et mon futur colloc. Il faisait nuit (ce qui m'a permis de traverser le village, toujours aussi vivant, et de louper de peu l'orgasme en apercevant les bus de nuit. Je n'ai malheureusement pas encore eu l'occasion de photographier ces merveilles, mais ils brillent encore plus que de jours. C'est juste n'importe quoi. Ce sont de vieux school bus américains qu'ils ont rachetés et tunés comme des gros sales à coup de phares, de peintures chatoyantes, d'inscription en gothique colonial, de références à la vierge ou à Jésus, de pare-buffle argentés, ... Ensuite, ils se tassent, jusqu'à 80 ou 90 les heures de pointes (de manière générale le matin où il fait beau et en fin d'après-midi quand il pleut, pour des trajets d'une heure sur des routes surchargées et sinueuses) dans un truc prévus pour 45 gamins. Ils sont 3 par banquette (prévue pour deux gosses) et remplissent ensuite le couloir central autant qu'ils le peuvent, jusqu'à se tenir à la barre de la porte. Chaque réinsertion se traduit par une frayeur klaxonnée pour la voiture de derrière. Je m'égare...
Le fête était standard : De la musique assez occidentale – au moins du nirvana, du rock mexicain et autre – de l'alcool – bière, cuba libre, vodka orange, .. - et ... C'est tout. Enfin j'aurais vu un peu les anciens élèves et ils n'ont rien de différents des français. Soirée étudiante classique, intérêt limité.
Ensuite, retour à la demeure familiale.

Les invités étaient partis et les cadeaux ont étés ouverts. Car ici, visiblement, on n'ouvre pas les cadeaux devant les invités (ce qui me fait penser, aller savoir pourquoi, qu'entre français et affiliés, on fait deux bises, mais que la mode guatémaltèque est à une). Ce n'est pas sans fierté que je l'annonce : Mon cadeau eu grand succès, à peine devancé en sukoï que par celui de Bertrand. Il faut dire que Mariatsa fut d'excellent conseil. Bertrand avait pris l'après-midi même un splendide assortiment Barbie : Une poupée et pas moins de HUIT ROBES ! Pour ma part, je m'étais contenté d'un modeste oreiller High School Musical 2. Je n'ose vous raconter le succès et les accolades qui s'en suivirent.


Ensuite, le dimanche fut plus calme et je ne me souviens plus parfaitement de l'enchainement de la semaine. Ce qui va me permettre de mettre diverses expériences en vrac.

Nous avons avec Bertrand cherché un appartement où nous installer. De mémoire, Lundi et/ou Mardi. Dans les zones intéressantes : A Guate, les zones 10, 14 et 15, calmes, sûres, proches du lycée et de la vie, ou la Carrietera Salvador, grand axe routier reliant le Guatemala au Salvador, avant le kilomètre 22. Le lycée est au kilomètre 18,5. A moins de monter plus haut, il est difficile de trouver, pour deux, à moins de 400 dollars/mois. Les bus arrêtant de descendre à 18h30 il fallait soit habiter en ville, soit acheter une voiture. Le record que nous trouvâmes lors de nos recherche fut une maison en ville à 5000 dollars/mois. Pour ce prix, outre les tennis, le sauna, la piscine, les X chambres sur 600m² au sol et tout le minium vital, il y avait ... 20 garages.
Nous optâmes finalement pour une ravissante petite maison à 500 dollars dotée d'un grand jardin (pour une installation urbaine), de deux chambres, d'un grand salon, d'une grande entrée, d'une grande cuisine, d'une buanderie et, bien sur, de deux salles de bains avec douche et WC.

Il faut donc savoir qu'au Guatemala, des toilettes équivalent à ½ salle de bain. Une salle de bain entière incluse douche+WC. De manière générale, si une maison à, par exemple, 4 chambres, elle disposera de 3,5 salles de bains. L'exception est pour les maison de deux chambres où il y a en générale deux salles de bain pleines. C'est assez conceptuel, mais reconnaissons que cela évite de faire la queue.


Bertrand profita de ce début de semaine pour me faire visiter un peu Guate. En vrac, nous avons pris un café dans une chaine typiquement guatémaltèque, tenue par un multimilliardaire local. Elle se caractérise par des cafés divers, quelques thés classiques, chocolat chaud, milkshake, thés et cafés glacés, cheesecake et autre petits gâteaux. Ainsi qu'une ambiance correspondant exactement à ce que l'on attendrait d'un grand café américain, planté sur un grand axe routier, avec une voiture rose au milieu comme décoration, de grands fauteuils et canapés, ... Typique. Et ce n'est presque pas ironique.

Le Guatemala se caractérise en effet par une volonté évidente de calquer les standards US. Ainsi, il y a d'immenses centres commerciaux dont certains valent à eux seuls un reportage photos que je ferais dès que possible. De superbes panneaux publicitaires bordent les rues, mettant en scène des mannequins occidentales (blondes une fois sur deux), afin que la ménagère moyenne s'y identifie au mieux. A de rares exceptions, la ville se constitue de grandes avenues et est construite selon un plan carré avec de grandes propriétés, dans lesquelles on croise de gros 4*4 et parfois un hummer, voire un hummer limousine. Certaines rues sont plus petites, presque à taille humaine – les autres sont des deux voies à sens unique, voire des deux fois deux ou deux fois trois voies pour les plus grandes (auxquelles il faut ajouter parfois une voie dédiée aux demi-tour).
A côté, les quartiers plus pauvres sont toujours aussi carrés, mais bordés d'habitations en béton qui semblent plus ou moins à l'abandon. On tombe parfois sur des boulevards presque vides. La zone historique elle, est toujours en plan carré bordée de bâtiments défraichis, mais les rues sont plus étroites et on y trouve quelques monuments à peu près conservés (église, le palais présidentiel sur une grande place, un marché couvert des plus sympathique, ...). De manière générale, ce n'est pas une ville à visiter.

Enfin, dans les villages alentours (par exemple, San José Pinula que j'habite et aie traversé – 20000 habitants je crois), outre le centre que j'ai décri, on trouve parsemés dans la campagne des résidences. Elles sont peuplée d'une bourgeoisie moyenne, la classe moyenne un peu haute du Guatemala (le seul intermédiaire entre le gens payés au smic – 150 euros – et la population très haute de gamme, avec chauffeur et gardes du corps). Les salaires de cette bourgeoisie vont de 500 à 5000 euros. D'autres résidences, plus luxueuses, sont réservées à l'élite. Par exemple, on m'a parlé d'une habitation de 300m² dans l'une d'elle ... Qui faisait tâche au milieu des terrains de 7 hectares. Celles où habitent pas mal de personnel du lycée sont constituées de maisons de 60 à 120m², en béton alternativement rouge et jaune, de deux à quatre chambres, très classiques. Les prix vont de 1200 à 2500 quetzals (1 quetzal = 0,0985 euros) suivant la hauteur : Plus on s'éloigne du lycée et de Guate, plus ça baisse. Mais le plus important : Ces résidences sont appelées, en français, des « colonies »... Les repères des « un peu riches ou plus » parmi les villes pauvres. En espagnol, ce sont des « condominios ». Je refuse de connaître l'étymologie.


Autre chose amusante aussi : Les guatémaltèques sont tout petit. Tous. Dans le bus, je me cogne régulièrement aux barres de maintient qui longent le plafond – parfois même, suivant les bus, je me prend le toit. Eux doivent lever les bras trèèèès haut pour s'accrocher. Ceux qui atteignent mon épaule sont rares et je ne crois pas en avoir vu qui dépassaient mon nez. Au delà de 1m50, on commence à parler de géant, atteints de malformation génétique (par exemple, latines, nègres, voire, pire, touristes – pour les nègres, cela reste encore du domaine de la légende, ces derniers n'habitant presque exclusivement que les côtes atlantiques, vers Livingston).

Pour rester dans l'anecdote des tailles, Guate est semble t-il la plus grande agglomération d'Amérique centrale, voire d'Amérique du sud. Ce qui veut dire qu'elle bat Mexico. Les sources sont à vérifier (Lonely Planet de mémoire ?), mais c'est grand. Entourée de trois volcan de 3700 ou 3900 mètres, le cadre est d'ailleurs magnifique. La nature, de manière générale, semble belle à pleurer. Reste à partir à sa rencontre, ce que je n'ai pas encore eu le temps de faire. En fait, tout le Guatemala semble à découvrir, en dehors de sa capitale. Pas de bol. Bref.

La ville et son « agglomération » (les villes alentours sont largement à la campagne, mais à moins d'une heure de bus / 30mn de voiture) dispose d'un important réseau de bus, qu'il faut semble t-il bien connaître, et de taxis. Heureusement. Car le guatémaltèque ne marche pas. Jamais. Un gentil – ils sont tous gentils. Tous. Quand on leur demande un renseignement, ils répondent toujours. Même si l'aide proposée est intéressée (vous désirez un renseignement ? Un hôtel ? Un endroit où manger ?). Même s'ils ne savent pas, de sorte qu'il vaut toujours mieux vérifier l'information 200m plus loin. De même, quand on croise un bus inter-urbain pour se rendre d'une ville à Guate et qu'on demande s'il s'arrête à tel ou tel point, la réponse est toujours positive. Parfois, c'est problématique. Mais de manière générale, c'est agréable.

Je disais donc qu'ils sont toujours gentils et indiquent toujours la route. Parfois c'est à plus de 500m. Ils conseillent alors vivement d'emprunter un bus ou un taxi.


...

Enfin.
Il se fait tard, il se fait long. La suite avec par exemple la visite d'Antigua, les rencontres avec d'autres profs et personnels, les démarches administratives pour récupérer la maison, un compte en banque, la rentrée, l'emménagement, la vie nocturne, les prix, les menus etc seront pour le prochain épisode.

En vous bisoutant très fort,

A très bientôt

Tout ça.

 

Don Chepe


PS : Au fait. On pourrait croire que je ne me plais pas ici. Au contraire.

It's so funny !!

(Pis les gens sont biens, ce sont tous de gros baroudeurs qui ont toute sorte de choses à raconter et de voyages à monter. A tel point que j'hésite : Revenir pour mes trois semaines de Noël et passer par Amsterdam, ou aller au Salvador, à Panama et descendre un peu en Amérique du sud...)

 

Par Don Chepe - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 01:42

"- Titilganabah ! Titilganabah ! criaient les goîtreux. Je les fis taire pour continuer mon récit.


-Isolé dans mes mille anneaux de couleuvre, concupiscent, alourdi, je subis la sexuelle agonie de me sentir pousser des racines. La nuit était si sombre que l'eau des rivières se cognait aux pierres des montagnes et, au delà des montagnes, Dieu, qui est parfois comme un dentiste fou, avec la main du vent, arrachait les arbres avec leurs racines.
Nuit délirante ! Danses dans les ramures ! Les chênes se poursuivaient sous les nuages noirs, en secouant leur rosée comme une chevelure défaite. Dansse dans les ramures ! Nuit délirante ! Mes racines grandirent et se ramifièrent stimulées par leur désir géocentrique. Je perçai crânes et villes. Je pensai et je sentis avec les racines, regrettant cette mobilité du temps où il n'y avait ni vent, ni sang, ni esprit, ni éther dans l'éther qui remplit la tête de Dieu.


-
Titilganabah ! Titilganabah !


-
Au nom de mes racines, innombrables et sans noms, se distilla ma pâleur citrine (Peau d'Or) et le bitume de mes yeux, et mes cernes, et ma vie sans commencement ni fin.


-
Titilganabah !


-
Et depuis, conclus-je fatigué, c'est vous qui m'entendez, vous qui m'avez, vous qui me voyez...

A mesure que je creuse plus profond, plus avant s'enfonce la douleur dans mon cœur !

Mais je me rappelle maintenant que je suis venu vous entendre raconter les légendes du Guatemala et il ne me plait pas que vous vous taisiez, là, d'un bloc, comme si les souris avaient mangé votre langue.

Quelle fatigue nous cause le soir, avec son regard de bête maltraitée ! Dans la boutique où il fait nuit, flotte l'arôme des épices, et le vol des mouches trouble le rythme du filtre, et par les fentes du plafond la lumière allonge des cocottes de papier sur les murs de brique.

- Les aveugles voient la route avec les yeux des chiens !... conclut don Chepe

- Les ailes sont des chaînes qui nous attachent au ciel, riposta la Niña Tina.

Et la conversation s'arrête."

 

Légendes du Guatemala – Guatemala

Miguel Angel Asturias, 1930

 

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