Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /Mai /2010 05:06

Le ciel prend sa douche.

Un oiseau se pose sur une piste musée.


Le ciel prend sa douche.

Il nettoie le juggernaut des chrétiens ensevelis.


Il baigne de ses brouillards une lagune cachée. Dans ses brumes, le volcan terrible va côte à côte du soleil. Le ciel prend sa douche là où l'astre s'y baigne. Le ciel prend sa douche sur la jungle profonde. Le ciel prend sa douche et en ressort lavé.

Il n'a jamais été si propre, le ciel


L'égout est vendre à l'air, la colonie fermée. La figurine païenne seule face au christ noir. L'évangéliste est né hier, face au supermarché. Sous les tôles, les enfants ne jouent pas. La fumée des bus leur emplit les poumons. Pétard ou coup de feu ? Et son couvre à minuit. Le rêve amédivin de tout un peuple bafoué. Quand à ceux qui le peuvent, ils heurtent leur mépris.

Toute sa crasse ruissèle au caniveau.

Il n'a jamais été si propre, le ciel.

Par Don Chepe - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 02:53
 Du Mexique au Salvador, la Panaméricaine pourfend le Guatemala. D'est en ouest. De nord en sud.

Il est 21h. Dans son pick-up Chrysler lustré du matin, il croise tacots cabossés et ressoudé autant que vitres teintés. Christopher remonte vers Wendy. La circulation est plus chargée que d'habitude. Trop pour cette heure. Beaucoup. Il y a dû avoir un autre mort - quelque part. A cinq, peut-être dix kilomètres. Un bus arrêté, bardé de voitures de flics, dix minutes plus tard, lui donne raison. Il entre. Un resto comme tant d'autre à la ceinture de la capitale.Un bar comme tant d'autre sur la Panaméricaine. Un Hooters, celui-ci. Du rock lourd et de la disco, des tables hautes et des banquettes, des serveuses aux profonds décolletés et quinze écrans télé qui retransmettent toute le même match de NBA ou de championnat européen. Wendy est celle qui a le short le plus court : Il découvre presque la moitié de son imposant postérieur.

Elle n'a pas choisi ce job par vocation. Mais elle est bien payée grâce aux généreux pourboires des clients. L'équivalent de 400 dollars/mois. Les bars à « hôtesses », les vrais, paient mieux sans doute. Mais elle a des principes. C'est précisément ce qu'elle se disait ce matin dans son demi-sommeil. A cinq heure, un tremblement de terre – pas un gros, magnitude 5,5 – l'a réveillé. Rien de grave – pas de dégâts matériels, cette année, c'est la sècheresse qui a posé problème – mais elle n'a pu se rendormir. Elle a contemplé quelques instants, par sa fenêtre sans rideau, les nervures rouge qui, toute la nuit, serpentent lentement sur le Pacaya. Elle entend son voisin claqué la porte, puis se rallonge.

Fernando espère ne pas avoir réveillé sa femme. Dans leur taudis de tôle, le moindre bruit se décuple. Tous les matins, il se lève à 4h30. Il doit être à 7h30 dans son usine de biscuit, où il vérifie le bon fonctionnement des machines. Il lui faut deux heures et trois camionetas – school bus peinturlurés par chaque compagnie qui traversent pueblos et pays en tout sens – pour y arriver. Le même type de camionetas que celle dont un chauffeur se fera descendre, dans quelques heures. Ça fera deux cette semaine. Il a l'impression que le rythme augmente. Mais impossible de faire autrement. Il n'y a pas moins cher. Et ses trajets lui coutent déjà 20% de son maigre salaire. Il a deux petits à entretenir et sa femme ne vit que des ménages qu'elle peut faire ou des tortillas qu'elle parvient à vendre.

Parmi ses clients réguliers, la famille Léal Orellana habite une grande demeure de bois décorés de vierges, de bureaux empire, de peintures plastifiées et de tapis persans. De fleurs, fausses ou vraies, ornent les tables. Il faut la journée pour nettoyer chaque pièce et chaque meuble. Elle y passe quatre jours par semaine depuis deux mois, sous la surveillance de madame. Monsieur est avocat. À la Antigua et ne se déplace qu'en berline blindée. Surtout quand il se rend chez Giròn. Il enfile son costard kevlar, décapsule une gallo et sonne son chauffeur.

Giròn est politicien. Il est aussi dans les « affaires ». Aujourd'hui justement, il doit voir son avocat pour discuter de sujets « sensibles ». Mais il préfère rester discret. Non. Ce qui l'occupe actuellement, outre son condominio zone 15 qu'il loue pour légaliser ses dollars, ce sont les embryons de conflits sociaux qui agitent le pays. La saison fût rude. Difficilement, ils ont évités un plan de secours du gouvernement visant à distribué du riz aux régions les plus touchées par la sècheresse et la famine. Les impôts furent sauvés. Maintenant, il faut faire avec les mécontents. Il sirote un Zacapa Centenario et pense à ces gens qui, après avoir manifesté, iront se sauver dans la bière et le tabac, finiront endormis sur un escalier ou un trottoir. Il sourit. Il se fait un rail.

José-Pedro a fuit la rue. Devant les force de l'ordre encadrant massivement la procession, il a préféré s'éclipser. Le fait est nouveau et il y a trop peu de temps encore, les défilés protestataires étaient réprimés dans le sang. On ne sait jamais quand, si, ils vont attaquer. Il entre dans un comedor, restaurant aux tables de jardins et aux chaises en plastiques d'une dizaine de couverts, proposant en général un plat unique à base de riz, de poulet et de tortillas pour deux euros. Il ôte sa veste en cuir et pose son chapeau de cowboy sur une table. Il s'assoit. Il commande une gallo à la place du refresco – eau purifié à gros bouillon agrémenté de sirop en poudre. Déjà il songe à son retour. Quatre heures de routes l'attendent ce soir. Il doit rejoindre sa ferme et ses enfants. Une heure après, il passe par le marché du terminal, achète quelques produits d'entretien et un CD gravé pour son grand fils. Il remonte dans sa mitsubishi sans pare-choc, dont une portière est bloquée et deux vitres fissurées. Dans le crépuscule d'une nouvelle journée.

Il croise picks-up autant que vitre teintées. Il est 21h et Christophe remonte vers Wendy.
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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 04:49
14h, donc. J'enfourche le siège passager de l'énorme Toyota Corolla de Nataly. Nous nous mettons en route.
A fond de boîte, nous parcourons la plaine puis la montagne. Après une pause glace dans un taudis civiliséau bord de la route, nous arrivons dans l'environ d'Atitlan. On descend. Vers 17h, nous sortons de la Calle Santander pour déboucher sur la Calle del Lago. Nous avons vu tout Pana (Panarachel, pour les noob). Du moins tout ce qu'un touriste doit voir. Nous nous garons. Erreur.
Aussitôt, une hordes de barman nous assaillent et tentent de nous kidnapper et de nous enchainer à une de leur table.Nous ne devons notre salut qu'à leurs intérêts divergents.Nous esquivons les six individus et leurs hurlements simiesques pour visiter les quais. Nous ne trouvons nul endroit où nous sustenter. Nous n'avons pas déjeuner. Contrits, nous revenons sur nos pas et choisissons au hasard un resto en planches avec terrasse sur le lac. La copie conforme de son voisin, lui-même calqué sur le précédent.
Nous mangeons  rapidement. Après tout, je n'ai que quatre heures de retard. Fort heureusement, les amies que je dois rejoindre ont quittés leur précédent lieu de villégiature - San Marcos, petit pueblo des bords du lac - le matin et auront mis presque la journée pour faire le tour. Elles sont en voiture ces connes, harh harh. Mais félicitation à elles. La journée passée à plier bagages, faire quelques heures de route et de piste sur un des trajets les plus dangereux du pays pour arriver et chercher un hôtel où passer la nuit ... Merci les filles.

Dès le repas finis, nous nous rendons à l'embarcadère publique. Le soleil se couche doucement sur les volcans et une fraîche brise se fait sentir, ondulant le lac métallique. Nous avons froid. Le "bateau" attend d'être plein pour partir. Nous sommes cinq ou six. Plus qu'une douzaine de personnes et on y va. C'est un groupe de français rebelles en goguette qui complète le lot. Et voilà. Nous sommes en route pour ...

...

...

San PEDROOOOOOO !

San Pedro de la laguna est le village le plus COOL de ce pays. D'ailleurs, quand j'avais mentionné auprès de mes élèves de Tle un prochain voyage à Atitlan, ils m'avaient imposé un détour par le lieu. Il parait qu'on y trouve toute sortes de drogues les plus bizarres avec une facilité déconcertante. Je n'ai pas tenté. Mais ....
C'est légèrement moins touristique que les autres bleds connus du bord du lac. C'est bien sûr peuplé autant d'étranger que de locaux - ou presque - mais ceux-ci sont de vrais résidents, habitants là depuis quelques années pour l'immense majorité. La plupart ont des cheveux longs, des barbes, des pantalons en toile trouée ou autre tissus amples et colorés. On y voit même des locks !
Après quelques difficultés pour retrouver les collègues, nous nous rendons à l'hôtel choisi. Petit lieu paisible rempli de verdure dans une petite rue tranquille. Il n'y a que des petites rue tranquille. Je pose mes affaires. Nous allons manger au ... Zoola.
Un resto israélien, tenu par de vrais israéliens dedans, où l'on mange de l'excellente cuisine méditerranéenne. Dont des aubergines !! Mais must du must, il doit y avoir une petite douzaines de tables, basses, entourées d coussins multicolores, de tapis et d'un hamac, formant autant de petits compartiments mis côte à côte.
Nous y buvons une glace à la vanille plongée dans du chocolat chaud.

Et ensuite ... Ensuite ... Il est tant d'abord de vous parler de mes accompagnatrices.
Deux collègues et la fille de l'une d'elle, 20 ans, toute innocente, ne boit pas ni rien. Trois filles que je ne connaissais, au fond, que peu.
Les deux collègues, éreintées par leur journée vont se coucher alors que Maëlle - la fille -, Julie - une amie locale de celle-ci - et moi-même nous rendons au bar d'à côté.
Il n'y a pas dans le monde de bar aussi parfait.

Nous entrons. Une petite court de gravier accueille bon nombre d'habitués d'un autre temps. Au bar, une sono bas de gamme diffuse "I'm bad... Like Jesse James" !! Du JOHN LEE HOOKER DANS UN BAR !! Elle enchaine avec divers titre de country (Cash) , de rock (Stones) et variétés américaines beauf (Sinatra, Elvis). Nous nous installons au bar et notre compagne locale est abordée par deux vieux baroudeurs, la quarantaine bien tassé. Le premier est un grand blond filiforme, aux traits marqués par l'âge et l'alcool, les yeux rougis, le chapeau cowboy et le bouc. Le second est un gros américain de série Z, cheveux très noirs, même type de blousons et de chapeau que le précédent, barbes grisonnante, tout aussi détruit par l'âge et les drogues.
Nous voici au coeur du désert, dans le dernier bar avant le plongeon vers les immensités salées, derniers repères des pires aventuriers, vieux loups solitaires échouant dans leur ultime repère, loin de toute civilisation et de tout lieu connu, uniquement rattachés à leurs origines  par une musique lourde de vapeurs et de tabac, meute tranquille de loups rassemblés dans leur dernier port.
JOHN - LEE - HOOKER !! Et parmi les meilleurs ! 

Je prend un rhum et un cocktail louche à base de vodka.


Le lendemain, je me réveille. Je suis malade. 
Heureusement, après être rentrés à 3h30 du matin, nous avions prévenus les collègues que non, nous n'allions pas les accompagner faire le San Pedro aujourd'hui, qu'on irait plutôt demain. Car le San Pedro, c'est aussi un volcan. Un des quatre grand qui borde le lac.
La mère de la petite l'a d'ailleurs assez mal pris.
En rentrant, elle la met dehors.

Crac.
Me voilà avec une gosse de 20 ans sur les bras. Je vois mes plans de vacances fondre. Pas qu'elle soit méchante, au contraire ... Mais ce n'est pas avec elle que j'avais prévu de passer mon dernier week-end. Enfin ... Nous sommes mercredi, quelques jours nous attendent encore.
Problème : Elle n'a pas de sous.
Problème : J'ai oublié le code de ma carte et ces glands n'acceptent que le liquide. Ils bossent tous au black. Tous. 
Nous ne faisons rien que nous promener.
Le lendemain, pas de volcan. Payer un guide serait cher.

La fin fut calme. Nous rentrâmes sur Pana le lendemain, où je pus faire changer ma carte et obtenir 3000 quetzals en l'attendant. Nous rencontrâmes Ghislaine,  l'autre collègue, qui après avoir accompagnée Danièle, la mère de Maëlle, l'avait laissée rentrer seule et profitait de quelques jours encore sur place. Une femme fort sympathique, ouverte, grande voyageuse, avec notamment huit ans aux EAU, ... Les quelques repas que nous prîmes ensemble furent des plus agréables. D'autant qu'autant Pana est une ville peu intéressante de jour, en dehors de ses nombreuses boutiques "traditionnelles" et coin à touristes, autant elle compte d'innombrables restos sympas, matin et soir. Dont quelques uns avec de magnifiques vues sur le lac au soleil couchant.

Vendredi, on rentre.
Dimanche, Maëlle réintègre enfin ses nattes, après moult discussions et remises en questions de ses projets.
Mère et fille se réconcilient peu à peu. 
Ouf.
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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 23:52
6h : Le réveil sonne. Je me lève difficilement, met mes lunettes, allume mon ordinateur puis la lumière. Je prends trois poignée de céréales en maugréant. Connards de terminales, ils m'ont fait reporter un cours alors que le jeudi est mon jour de repos (je peux me lever à 7h !).
6h30 : Douche. J'enfile un jean rock, ma veste en jean et vamos.
7h20 : La camioneta me laisse devant le chamin du lycée. Je fait cent mètres quand une BMW sport ultra-moderne peuplée de quatre jeunes filles s'arrête à ma hauteur. Trois élèves dont une à moi, et une maman. La conductrice est en pyjama.
7h30 : Début des cours. La journée se passe bien. 6h de cours, photocopies et repas médiocre au milieu. Un de mes élève de Tle, toujours eux, part en quête de son sac. Ses copains le planquent toujours. "Parce que je suis gros" dit-il.
15h30 : Je rentre. 

Le soir je suis invité par "Nataly" à une "soirée" avec ses "amis" de "l'église". J'hésites longuement mais je finis par me décider : J'y vais ! J' suis sociable, moi, j' suis un ouf. Je ne suis pas déçu.
En attendant le bus qui doit m'emmener dans un centre commercial fashion où nous avons rendez-vous, je vois ... Le premier school-bus tuné à coup d'AILERONS ! Ce n'est pas fini. Trois minutes plus tard, en sens inverse, il y en a un qui passe avec des flammes peintes sur le capot. Je m'attend à ce que le mien hoquète sur du Eminem. Raté.

J'arrive. On prend une glace avec sa mère. Elle est contente. Après ne pas avoir dormi de la nuit et avoir lâché plus de trois cent dollars, elle a son visa pour les States. Elle part dans trois semaine pour la Nouvelle Orléans. New Orleans, s***pe ! Je me rappelle qu'il faut que je boucle mes lettres de motivation dans le WE*. Glaces avalées, nous changeons de centre commercial pour trouver une banque ouverte. Je découvre un nouveau centre commercial tout aussi dément que les autres. Nous prenons une crêpe pendant que maman fait la queue. Nous visitons les allées pendant que maman attend. Nous faisons du lèche-vitrine. Puis la banque se décide à servir sa cliente, enfin.
Nous raccompagnons Mme chez Nataly puis repartons chez les "amis". Ils font deux ou trois jeux rapides. Trois personnes parlent de la bible après en avoir lu des extrait. Je ne comprend pas. Nous mangeons trois tapas accompagné d'ice tea au vin. Recette à retenir.
Vers 11h, départ. J'habites à l'autre bout de la ville. Je prend le lit de Nataly pendant qu'elle rejoint sa mère.

Le lendemain, après un copieux petit-déjeuner, elle me raccompagne.
Et là ... Enfin, je fais le riche.
J'accueille ma muchacha. Pour 150 quetzals, elle nettoie et range entièrement mon appartement, qui était dans un état - vraiment - critique.
C'est gringo.
C'est bon.

Mon appart est enfin présentable. Je vais pouvoir recevoir sans essayer de cacher la moitié du lieu.
18h, j'envisage d'aller prendre mon déjeuner. J'hésites entre l'allemande, un peu loin et un peu chère, un gros fast-food américain, moins cher mais tellement fast-food américain, et un grill quelconque. Voy a ver (car oui, malgré les apparences, mon espagnol progresse, aussi).



* Car dans les innombrables possibilités qui m'attendent pour l'année prochaine, restent encore les lycées français.
Recrutent San Fransisco (California Dreaaaaaaaam), Los Angeles (on such a winter daaaaaaay), Shangaï, Captown, Bangkok et Singapour. Plus une vingtaine à qui envoyé des candidatures spontanées en Argentine, en Australie, au Chili (Valparaisooooo), en Colombie (drogue et silicone), au Mexique, au Canada (Vancouver), en Egypte, aux EAU, en Malaisie, en Italie, en Ukraine et un peu partout en Europe de l'Est. L'Europe du nord n'a pas l'air de recruter, bougresse.
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Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /Fév /2010 03:54
Vous aurez constaté dans le billet précédent un style direct épuré. Ceux de mes lecteurs que le sujet-verbe-complément effraierait presque sont enfin rassasiés...

*Ecrase son mégot.*
*Enfile ses ray ban.*
 
*Grimpe sur sa moto.*
Rock my roll, babe !


Reprenons.
"The Don", moi, accompagnais "Nataly from Miami" (prononcer "Nateulaille fraume Mayeumaille") dans ses pérégrination familiales, la tirant ainsi d'un aussi profond que certain ennui. Nous sortions d'un petit déjeuner tardif et, gavés de pancakes et de salade de fruits, nous nous mettions en route vers "C'est tout lol". Et on en était à peu près là.

Grâce à un charmant petit train de carnaval, nous traversons la route et arrivons sur le parking du parc. Où nous entrons. Je n'en crois pas mes yeux.
Face à moi se dresse, au bout d'une allée qui pourrait faire croire que l'architecte voulait reproduire les Champs Elysée sans n'y avoir jamais été, une reproduction de la pyramide de Grand Jaguar, échelle 1/2 et encore, rouge. Rouge.
A ma droite, une église toute aussi fausse que la pyramide. A ma gauche, le "musée de l'indépendance. Au dessus, une gare.
Nous commençons par le musée. Une dizaine de drapeau successif, ordre chronologique. "L'original" de la constitution. Pas mal reproduit il est vrai, s'il s'agissait bien d'un faux. La scène de signature, par de somptueuse poupées de cires pédophiles. J'ai des photos. Ensuite, la gare. Un train tout aussi kitch que le reste nous emmène vers "la gare de France", prochain arrêt. Nous faisons ainsi le tour des locaux et découvrons en exclusivité une bonne part des attraction. Et un bout de plantation de café qui trainait par là ... Plus quelques coins de forêts. On est au Guatemala, bordel à ... ! Enfin, nous allons à l'église ! 
Il s'agit d'une parfaite reproduction parait-il d'une église foutrement célèbre du pays. Impossible d'en connaitre la localisation. Nous entrons. Et là ...
Là ...

Un magasin de souvenir dernier cris, fournissant des t-shirt "I love Paris", "Italy mi amor" et autres tampax. Entre pseudos souvenirs locaux.
Mais ne nous étonnons pas trop. La seule réelle tâche au tableau vient des serviettes. En effet : Nous sommes, il faut le savoir, dans un centre de loisir destiné aux travailleurs guatémaltèques. Travailleurs privés bien sûr. Ceux qui ont un vrai boulot. Les fonctionnaires, eux, se contentent de parcs différents, symboles généraux de la médiocrité. Et ce sont des guatémaltèques qui le disent. Les travailleurs privés donc, tout ce qui est costume traditionnel, flutes peinturlurées et jolis bols en bois, il maitrise. Disons-le, il gère tellement que ça ne lui fait plus le moindre effet. Au contraire, ça lui rappelle à quel point son pays est sous-développé par rapport aux States, fantasme ultime, et leur gros disneyland. Ils compensent. Et leurs souvenirs sont donc adaptés (et plus moches encore que les t-shirt à propension hautement chauvine dont les touristes bridés sont friands). Pour le principe ou par manque de moyens, ils ont par ailleurs, bien sûr et cependant, quelques bibelots d'origine "locale". Des flûtes peinturlurées, des costumes traditionnels (notamment le chapeau de cow-boy), ...
Nous sortons enfin.

L'oncle découvre au détoure d'une place centrale un kiosque proposant de prendre des photos des groupes. N'ayant que deux appareils photos, largement usités, à sa disposition, il ne tient plus. Il craque. Nous nous retrouvons à nous faire mitrailler moyennant finance par une professionnelle du tourisme. Durant les âpres négociations qui précédèrent, j'en profitai en revanche pour faire la rencontre de .... Byron ! Mais siiii, BYRON !  (Je vois les yeux de ces demoiselles s'illuminer...)
Byron ! Le prof d'espagnol guatémaltèque MAIS athée de Xela ! Qui sortait tranquillement sa copine, aussi ne l'ai-je pas plus déranger.
Enfin, au détour d'une photo, Nataly parvint à excuser un départ en promenade romantique. Nous quittons la famille et partons visiter le parc. Après nous être fait agressé par un pirate, avoir maté des clowns, avoir pris un hotdog, visité les diverses zones, recontré un couple d'ami de Nat, deux manèges et fait un tour aux chiottes, nous rappelons la famille pour se donner rendez-vous au grand spectacle de magie, au "théâtre de France". Ils n'ont pas bougé de la place initiale. Mais rendez-vous est pris.
Le spectacle est plutôt bien fait.
Nous concluons par un grand huit et un splach avant de quitter le parc. Nataly est toute mouillée. Moi aussi.
Nous avons faim.
Heureusement, nous devons aussi nous mettre en route vers la ferme familiale... Nous échappons au mexicain, pour un guatémaltèque, sur la route. Plutôt bon.
Enfin, nous arrivons. Nous retrouvons le père. Et après quelques luttes pour la forme, nous allons nous coucher. Seul, bien sûr. Dans une chambre dont une fenêtre est cassée. Dans une ferme sans vitre. Je ne dors pas beaucoup plus que la nuit précédente.

Lendemain : Visite de la propriété : Troupeau de vache que l'on trait devant nous - et un pitit agneau de 8 jours. Plantation de maïs avec la moissonneuse-batteuse associée. C'est pour le bétail : Pas de détail.
On fait le tour des copains de l'oncle et des cocotiers de sa propre propriété. En fait, une noix de coco naturelle, ça ne ressemble pas du tout à celles du commerce. Elles sont déjà bien épluchées, les bougresses.
Nous finissons le tour par le village voisin, ou le frère du père est maire. Nous y restons une heure. Il m'offre une casquette, celle de sa campagne électorale.

Vers 14h, je parviens enfin à m'enfuir. C'est que j'ai rendez-vous au lac Atitlan, moi ... 
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